poniedziałek, 25 sierpnia 2008

BIOGRAPHIE DU P. RAFAL KALINOWSKI, OCD



Premier Centenaire
de la mort de saint Raphaël Kalinowski
(1830-1907)


BOUAR – RCA – COUVENT ST. ELIE


Jeunesse du père R. Kalinowski, ocd

Joseph Kalinowski naquit à VILNA en LITUANIE le 1er septembre 1835 dans une famille catholique. Deuxième fils d'André Kalinowski et de Joséphine Polonska, sa maman meurt quelques semaines après la naissance de Joseph. Le père de Joseph marie en secondes noces la soeur de sa première épouse qui lui donne trois enfants. Après neuf ans de mariage, André Kalinowski perd sa seconde épouse. Il contractera un troisième mariage avec Sophie Puttkamer de qui naîtront quatre autres enfants. Cette troisième mère eut sur Joseph une grande influence lorsque celui-ci fut éprouvé par une crise religieuse lors de ses études à l'Académie militaire de Saint-Pétersbourg.

Il faut préciser ici que la Pologne et la Lituanie étaient liées entre elles par une union fédérale signée à KREWNO en 1385. Opprimés par la Russie depuis 1772, les tsars firent fermer les universités de Pologne et de Lituanie et les étudiants étaient contraints d'étudier dans les universités de Russie. C'est ainsi que Joseph s'orienta vers les sciences exactes à l'École de Génie militaire à Saint-Pétersbourg. Ses études terminées en 1857, il reçoit le grade d'ingénieur-lieutenant. Par la suite, il exerce pendant quelques temps sa profession d'ingénieur dans une région solitaire de Russie, à Kursk. Par la profonde solitude du lieu, par la lecture du livre des Confessions de Saint Augustin et d'un petit livre de piété mariale, s'amorce chez lui une profonde conversion. Il dira : « Je regarde la vie maintenant avec plus de calme, et ses plaisirs ont perdu pour moi beaucoup de leurs charmes. »
Par la suite, il sera assigné à Brest, en Pologne, où il découvrira la persécution que les tsars russes infligeaient aux catholiques de Pologne et de Lituanie. Le catholicisme pour ces peuples opprimés était identifié à ce qui était national. Il fallait à tout prix « russifier ces peuples ». C'est ainsi que Joseph Kalinowski quitte l'armée russe à laquelle il appartenait pour se consacrer à la défense de sa nation.

Vers la liberté de la patrie
Joseph Kalinowski participe à l'Insurrection polonaise de janvier 1863 contre la puissance militaire russe sachant d'emblée que cette insurrection ne pouvait qu'échouer. Le 24 mars 1864, Joseph est arrêté par le gouvernement russe et condamné à mort mais sa peine fut commuée à dix ans de travaux forcés en Sibérie. Le 29 juin 1864, avec plusieurs compatriotes, il quitte Vilna pour la Sibérie. La déportation dure dix mois et est empreinte de grandes souffrances. Joseph se comporte envers ses compagnons de misère avec une très grande charité. Il puise la force de supporter les souffrances dans la prière. Il écrira lui-même :

« Le monde peut me priver de tout, mais il me restera toujours un lieu caché qui lui est inaccessible : la prière! En elle, on peut recueillir le passé, le présent et l'avenir et les placer sous le signe de l'espérance. Oh Dieu, quel grand trésor tu accordes à ceux qui espèrent en toi. »
C'est durant cette longue période d'exil en Sibérie qu'il se sent appelé au sacerdoce. Après dix ans d'exil, Joseph K. est libéré le 2 février 1874. Il pouvait s'établir en Pologne mais n'avait pas le droit de retourner en Lituanie, sa terre natale.
À son retour d'exil, Joseph Kalinowski, reconnu pour ses qualités d'éducateur à la foi profonde, est sollicité pour devenir précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, âgé de 16 ans. C'est à Cracovie en Pologne à l'automne 1874 qu'il rencontre pour la première fois le prince Auguste mais aussi sa tante, jadis princesse, devenue religieuse carmélite déchaussée du nom de Marie-Xavière de Jésus. Or, cette religieuse carmélite, après avoir sollicité pendant longtemps la prière dans d'autres monastères afin que le Seigneur envoie celui qui favoriserait le développement de l'Ordre du Carmel en Pologne, reconnaît en Joseph Kalinowski la personne toute désignée pour cette mission. Il fallait donc prier dorénavant pour la vocation au Carmel de Joseph K. Pendant un peu plus de deux ans, Joseph s'occupe de l'éducation du prince Auguste à Paris. À l'automne 1876, il avoue dans une lettre adressée à sa famille, son désir profond de se consacrer au Seigneur dans l'Ordre du Carmel. À l'été 1877, il prend congé du jeune prince Auguste et se rend en Autriche à LINZ pour rencontrer le provincial des Carmes Déchaux de la province austro-hongroise à laquelle était rattaché l'unique couvent carmélitain de Pologne à CZERNA, près de Cracovie. Le 15 juillet 1877, Joseph Kalinowski entre au noviciat des Carmes Déchaux à GRAZ en Autriche; il est âgé de 42 ans. On lui donne le nom de RAPHAËL DE SAINT JOSEPH. Il prononce ses premiers voeux le 26 novembre 1878 et est envoyé au couvent de RAAB en Hongrie pour y effectuer ses études de philosophie et de théologie. Le 27 novembre 1881, il prononce ses voeux solennels et est envoyé en Pologne au couvent de CZERNA. Il sera ordonné prêtre en 1882 à l'âge de 46 ans. Dès l'année 1883, il devient prieur de ce couvent. C'est de la communauté de CZERNA que refleurira le Carmel masculin en Pologne.

Saint Raphaël Kalinowski À l'œuvre pour restaurer le Carmel de Pologne
Le ministère du père Raphaël de Saint Joseph sera de plus en plus fécond. Vicaire provincial et visiteur des monastères de carmélites, il sera leur confesseur et leur directeur spirituel. De plus, il est le promoteur de deux fondations de monastères de carmélites dont un en Ukraine. Encouragé par le père général de l'Ordre du Carmel, le père Gotti, il fonde un couvent masculin à WADOWICE et un petit séminaire dont le but est de former des garçons qui ont un attrait vocationnel pour le Carmel. Son ministère rejoint aussi les fidèles laïcs en organisant le Tiers-Ordre séculier et la Confraternité du Carmel. Il aura aussi le souci de recouvrer les archives conventuelles du passé, dispersées lors des suppressions des monastères. De nombreux documents relatant l'histoire des anciens couvents seront retrouvés et publiés sous le titre : « Chroniques Carmélitaines ». Plusieurs ouvrages carmélitains seront aussi publiés grâce à son initiative.

Le père Raphaël de Saint Joseph sera le « restaurateur du Carmel polonais » non seulement par ses fondations et initiatives diverses contribuant à l'essor du Carmel en Pologne, mais surtout par sa vie d'union à Dieu, soutenue par l'oraison, le recueillement, le silence et l'austérité de vie. Il dira lui-même :
Notre tâche principale au Carmel est de converser avec Dieu en toutes nos actions.

Entrer dans la vie
Il meurt à l'âge de 72 ans au couvent de WADOWICE, le 15 novembre 1907, jour de la commémoraison de tous les défunts de l'Ordre du Carmel.

Le père Raphaël Kalinowski fut béatifié à Cracovie le 22 juin 1983 par le pape Jean Paul II, pape polonais originaire de la ville de WADOWICE où mourut le serviteur de Dieu. La canonisation du bienheureux Raphaël Kalinowski eut lieu à Rome le 17 novembre 1992 sous le pontificat de Jean Paul 11. Saint Raphaël Kalinowski est inscrit au calendrier des saints en date du 19 novembre.

Chronologie de vie de Saint Raphaël Kalinowski

1835Naissance à Vilna
1864Exil en Sibérie 1874Précepteur du prince Auguste 1877Entrée chez les carmes 1882Ordonné prêtre 1992Canonisation...

Notre tâche principale au Carmel est
de converser avec Dieu en toutes nos actions.


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Lettre du Préposé Général
aux Provinces de Cracovie et Varsovie
pour le premier Centenaire de la mort
de saint Raphaël Kalinowski
(1907 - 2007)

PERCEVOIR LA MISSION ET L’ACCOMPLIR FIDÈLEMENT

Chers Frères et Soeurs du Carmel thérésien,

Nous fêtons cette année le centième anniversaire de la mort de Raphaël de Saint Joseph (Josef Kalinowski) et vous célébrez cet événement par diverses initiatives culturelles et spirituelles. Je tiens à m’unir à vos célébrations par cette lettre dont le message sera porté à la connaissance de l’Ordre tout entier.
Le carme de cœur et d’esprit que fut saint Raphaël Kalinowski est né à Vilna le 1er septembre 1835 et retourna chez le Dieu de la Vie le 15 novembre 1907 à Wadowice. Il fut inscrit sur la liste des saints par le Pape Jean-Paul II le 17 novembre 1991, au cours de l’Eucharistie célébrée dans la basilique Saint-Pierre, à Rome. Sa sainteté confirmée par l’Église nous assure qu’il a découvert et réalisé pleinement la mission qui lui a été confiée par la Providence divine. Et pour nous, ceci veut dire que nous pouvons et devons avoir confiance, car tout en tenant compte des obstacles et des erreurs toujours possibles, nous pouvons, atteindre les objectifs que le Seigneur a prévus pour nous dans sa bonté, et qu’il nous précise constamment.
Les saints nous sont accessibles à tout moment, sans aucune limite de lieu ni de temps. Cependant les célébrations d’anniversaires constituent des occasions uniques lorsque la communauté fixant son regard sur un saint, se laisse inspirer et interpeller par celui-ci et est disposée à réentendre les appels qui touchent à sa propre identité et à sa propre mission.
Le témoignage et l’enseignement de Jésus-Christ sur la dignité de la personne humaine et sa vocation éternelle à la vie de communion avec la Sainte Trinité assurent à l’Église, et donc à chacun de nous, une référence certaine et permanente au milieu des évènements toujours changeants de l’histoire de l’humanité. Notre vie se réalise à travers notre mission de transformer et d’améliorer le monde, physiquement et spirituellement, afin que celui-ci devienne la demeure accueillante où l’humanité entière pourra grandir dans la communion.
« Nous ne devons pas en douter: dans sa miséricorde, Dieu a prévu pour chacun un devoir à remplir en ce monde. Si donc tu veux devenir un saint, si tu veux devenir parfait, sois toujours fidèle dans l’accomplissement de tes devoirs » (saint Raphaël Kalinowski).
Durant sa vie mouvementée, il ne put disposer de réponses toutes faites aux interrogations qui l’assaillaient sur la valeur de la souffrance causée par la déportation en Sibérie ou par l’éloignement de ses êtres chers, sur la profonde crise de foi qui le tint étranger à la vie de l’Église durant un certain temps, sur les épreuves humaines déchirantes qu’il dut affronter en exil et partout, sur l’avenir souvent incertain de sa propre nation. Loin de sombrer cependant dans la passivité, il chercha toujours la lumière, aussi bien au plus intime de lui-même que dans les évènements, afin d’y discerner les signes et les appels.
Ce comportement humble et attentif lui donna de percevoir les défis qui surgissaient dans sa propre vie et à travers lesquels il expérimentait graduellement l’aide de Dieu comme lumière et force pour accomplir le bien : une forte impulsion intérieure à faire du bien à tous, à secourir ceux qui étaient désemparés, à encourager ceux qui désespéraient, à redonner dignité humaine par l’éducation, à partager les quelques biens dont il disposait.
Saint Raphaël Kalinowski fut un éducateur né. Il le fut par instinct dans ses milieux de travail et de déportation, puis comme précepteur privé, et encore au Petit Séminaire de Wadowice, dont il fut le fondateur. Ce charisme et le don naturel de bien accueillir les personnes et de les accompagner avec empathie dans leur croissance humaine et spirituelle, sont particulièrement mis en œuvre dans son ministère de confesseur et de direction spirituelle. Ministre averti de la miséricorde divine, il recevait ses pénitents avec affection, douceur et zèle.
A travers les évènements de sa vie mouvementée, il eut à expérimenter de diverses façons la division des chrétiens, le triste sort de ceux qui sont discriminés et persécutés, à tel point qu’il y voyait “le plus grand ennemi de notre société”. Il entra au Carmel pour servir le Christ et travailler à l’unité de l’Église, intention qui devait l’accompagner jusqu’en ses dernières années.

« [Le bon Dieu] …dans sa grâce, me permettra, au Carmel de Notre-Dame, de travailler encore pour l’unité de l’Église ». « L’unité sacrée ! L’union sainte ! Ces simples paroles remplissent le cœur de douleur, mais elles allument en même temps la flamme de l’espérance ».

Je désire souligner comment il prit à coeur la restauration de la Province polonaise de l’Ordre, si florissante aux temps passés, et qui avait donné naissance à la Province de Lituanie. Il fallait alors promouvoir de nouvelles fondations; mais pour lui, une restauration authentique et profonde n’exigeait pas moins qu’une récupération de la mémoire du passé. Aussi s’ingénia-t-il à retrouver et sauver les documents, ainsi qu’à publier les chroniques de certains monastères et couvents. De la même manière, afin d’enraciner le Carmel et sa spiritualité, afin surtout de répondre aux besoins spirituels du peuple, il voyait le besoin de faire connaître l’histoire et les figures les plus marquantes du Carmel polonais. Bien que modestement, il est un représentant de la tradition de l’édition dans notre Ordre. De plus, entre autres initiatives, il organisa pour les laïcs le Carmel Séculier et les Confraternités.
Chacun sait comment, jeune homme mûr, il fut un vrai patriote pour sa patrie alors rayée de la carte des nations. Opposé au versement du sang, parce que convaincu que sa patrie « avait bien plus besoin de la sueur que la perte de sang qu’on n’avait que trop versé », il voulut collaborer activement à l’insurrection dans l’intention de sauver des vies humaines. C’est pourquoi il fut arrêté, puis condamné à la peine capitale, commuée ensuite en une peine de dix ans de travaux forcés en Sibérie. Je rappelle ces faits bien connus afin de souligner encore son comportement humain et évangélique, et de montrer qu’il ne renonça jamais à ses convictions pour tout ce qui touchait à la justice en matière de droits des peuples, convictions qu’il intégrait à son désir pour l’union entre les peuples, et plus encore à son désir de communion avec Dieu dans la prière et dans l’éternité.
Sa vie a été dramatique, et par les événements extérieurs auxquels elle s’est trouvée mêlée, et pas moins par le cheminement intérieur parcouru par notre saint. Son activité diversifiée et intense, son dévouement pour les autres, constant et attentif, jusqu’au bout, trouvaient leur source et leur unité mystérieuse dans l’Eucharistie et le sacrement de la réconciliation, dans une dévotion filiale à Marie, et dans la prière silencieuse continuelle.
Pour mener à bien la mission qui nous est confiée durant notre vie, il faut être attentif aux appels qui jaillissent de la conscience chrétienne qui prend en compte les situations sociales, culturelles et religieuses de notre histoire concrète. Il est certain aussi que la mission confiée ne peut être exempte de souffrance et exige un sacrifice spirituel. Cette capacité indique précisément l’authenticité de nos sentiments et de nos intentions. Il s‘agira alors d’une souffrance assumée et pacifiée dans la prière.
Je crois que, dans notre monde de changements rapides et profonds, de dissensions et de drames, la connaissance et la méditation orante du message de saint Raphaël Kalinowski sont pour nous un stimulant pour saisir et reconsidérer dans la vérité et la joie notre appel à vivre dans la tradition du Carmel. Son courage dans sa quête, sa persévérance, son attitude de compréhension et de compassion, son regard attentif aux nécessités proches, l’unité vécue comme naturellement entre contemplation et action, voilà quelques traits particuliers de l’héritage qu’il nous laisse.

Rome, 20 juillet 2007.
P. Luis Aróstegui, O.C.D.
Préposé Général

Lettre des Pères provinciaux des Provinces polonaises
du Carmel Thérésien à l'occasion du centenaire de la mort
de Saint Raphaël Kalinowski (1907-2007)


1.Dieu, qui aime l'homme, ne l'abandonne pas sur les chemins de ce monde, mais l'accompagne et lui vient en aide. De manière particulière, il agit à travers ses saints qui ne sont pas seulement un don destiné au Peuple de Dieu. Il les envoie à l'humanité toute entière et leur assigne une mission au-delà du temps. Les saints ne passent pas; et leurs messages ne perdent jamais leur force. Ils sont toujours d'actualité, parce que leur contenu se fonde sur la foi, l'espérance et la charité. Avec ces valeurs universelles, les saints reçoivent une mission spécifique : celle d'unir leur existence aux évènements concrets de la vie.

2. En l'an 2007 sera célébrée, au Carmel de Pologne, une année dédiée à Saint Raphaël Kalinowski. Le 15 novembre 2007, nous fêterons le centième anniversaire de la mort de ce grand saint religieux, fils de la Pologne et du Carmel. Ce grand anniversaire nous invite à regarder de nouveau le témoignage de vie de ce saint carme, et surtout du message que Dieu envoie à l'humanité à travers sa personne.
Joseph Kalinowski naquit le 1er Septembre 1835 à Vilnius (Lituanie). Il reçut une éducation familiale et une formation intellectuelle sérieuse pour devenir ingénieur au sein de l'armée. Au commencement de l'Insurrection polonaise (Janvier 1863) contre la Russie, il rejoignit les insurgés pour devenir un de leurs chefs. Arrêté le 24 mars 1864 par le gouvernement russe, il fut condamné à mort. Mais sa peine fut commuée en dix ans de travaux forcés en Sibérie. A son retour d'exil, Joseph Kalinowski devint précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, futur bienheureux. En 1877, il entra au couvent des carmes déchaux et reçut le nom de Raphaël de Saint Joseph. Il fut ordonné en 1882 à Czerna (lire tcherna) près de Cracovie. Se dépensant tout entiers au cours sa vie de prêtre et de religieux, il confessa et accompagna spirituellement sans compter. C'est ainsi qu'il rétablit le Carmel déchaussé en Pologne et mourut à Wadowice (lire Vadovitsè).

3. Dieu donne des saints et le devoir de l'Eglise est de reconnaître leur perpétuelle grandeur et mission. En 1983, le Saint Père Jean Paul II, au cours de son deuxième pèlerinage en Pologne, a présenté le Père Raphaël au peuple de Dieu et au monde entier en l'élevant parmi les bienheureux au cours d'une messe à Cracovie. La béatification fut un grand signe (éloquent) de la part du Saint Père pour montrer que dans ce simple religieux se cache des perles précieuses qu'il nous faut découvrir. Quelques années plus tard, ce même Pape le canonisa au cours d'une messe à la Basilique de Saint Pierre de Rome en l'an 1991 et confirma l'importance et l'actualité du message de saint Raphaël.
Quelles sont donc ces perles évangéliques que saint Raphaël porte en lui? Qu'enseigne-t-il aux générations actuelles de polonais qui vivent dans une Europe unifiée et qui rencontrent à la fois autant une grande richesse de culture nationale et des nombreuses tensions et conflits sociaux? Que peut-il apporter à ceux dont la foi faiblit?
Esprit de réconciliation. En invitant à Rome les présidents de Lituanie et de Pologne pour la canonisation du Père Raphaël, Jean Paul II a souhaité faire comprendre que l'une des premières perles du message du nouveau saint est l'esprit de réconciliation. En effet, à cette époque les relations entre la Pologne et la Lituanie étaient marquées par des préjugés et des tensions. Le Saint Père a donc montré à travers saint Raphaël le chemin de la réconciliation. Celle-ci commence dans le cœur de l'homme qui en premier lieu doit se réconcilier avec Dieu. Sans cette réconciliation, il n'est pas possible en effet de pardonner à l'homme, particulièrement quand les relations réciproques ont été blessées (mauvaises, difficiles...). Saint Raphaël a fait un long chemin intérieur avant de pouvoir tout à fait librement pardonner à ceux qui l'ont emprisonné et forcé à des travaux avilissants, à ceux qui ont piétiné sa dignité. Nos efforts ne sont pas suivis d'effets tant qu'on ne comprend pas que la réconciliation a besoin de temps et commence toujours par un examen de sa propre conscience. Ce n'est qu'à la lumière du pardon reçu de Dieu que l'on peut aller de l'avant pour aller à la rencontre de l'autre et pardonner.
Le cœur fidèle et ouvert aux évènements actuels. Saint Raphaël a traversé durant sa vie de grandes étendues géographiques et rencontré des gens de différents milieux, de différentes cultures et systèmes politiques. La Pologne, la Russie et la France ont été les plus importantes étapes de son itinéraire. Dans ces divers lieux, il vivait sans complexe. Selon ses possibilités, il aidait les personnes qu'il côtoyait. Tout ceci mettait en évidence son ouverture pleine de générosité. Ce fut sa manière de dialoguer avec son époque. Il ne faisait pas de différence entre les gens d'après leur appartenance religieuse, leur langue, leurs traditions, leur appartenance sociale ou leur éducation. Il accueillait la vie comme elle lui était donnée. Cette ouverture lui acquit beaucoup de cœurs. Sans qu'il ne perde jamais sa personnalité. En vivant au milieu d'autres cultures, il a toujours gardé le patrimoine spirituel et intellectuel de sa nation. Il ne s'est pas compromis avec le monde bien que celui-ci lui ait présenté plusieurs fois des perspectives attrayantes.
L'attention aux jeunes. Rencontrant durant son séjour en Sibérie, la pauvreté matérielle, intellectuelle et spirituelle de ses compagnons de détention, Saint Raphaël a perçu l'humiliation de l'humanité. Ce fut une douloureuse leçon. A son retour, il fut persuadé de l'importance de l'effort durant le temps de la jeunesse parce que celui-ci est un temps de plus grande réceptivité, décisif pour l'avenir de la personnalité de l'individu. Aussitôt arrivé en France il mit en œuvre ses convictions lorsqu'il reçut la charge de précepteur du prince Auguste Czartoryski (béatifié il y a quelques années par Jean-Paul II). Dans cette œuvre d'éducation, Saint Raphaël a marqué l'importance de la formation intégrale de l'homme. Ses points d'attention portèrent aussi furent autant de le développement de l'âme que l'épanouissement de l'intelligence. Ce regard intégral sur la formation des jeunes est une autre perle précieuse de l'héritage de Saint Raphaël.
Courage devant les difficultés et les tribulations. Durant la période orageuse de la réforme du Carmel au 16ème siècle, alors que saint Jean de la croix fut emprisonné par ses propres frères, sainte Thérèse de Jésus écrivit ceci dans une lettre datée de 1578: ŤDieu traite terriblement ses amis; à la vérité, il ne leur fait pas injure, puisque c'est ainsi qu'il a agi envers son Filsť (Lettres de Thérèse d'Avila - Lettre 219). En tout point ceci fait référence à la vie de saint Raphaël. Dieu semble l'avoir traité durement. La vie est sans nulle doute un merveilleux don, même si elle est aussi jalonnée de difficultés. Ce qui en l'homme est le plus précieux se développe en lui dans des situations difficiles et mystérieuses. Saint Raphaël nous enseigne à rester courageux dans la foi et la confiance dans des circonstances similaires.
Ces quelques caractéristiques fondamentales de la spiritualité de saint Raphaël que nous venons d'énumérer n'épuisent pas la richesse de son âme. L'homme qui vit pleinement l'Evangile est tout entier évangélique. Il devient profond parce que la profondeur de la Sagesse divine est infinie et insondable. C'est pourquoi les prisonniers des goulags, les éducateurs, les cheminots, les ingénieurs et les jeunes trouvent en leur patron saint Raphaël leur point de référence. Celui qui désire le rencontrer trouvera une grande richesse qui ne sera jamais épuisée.

4. Le programme de l'année saint Raphaël, préparée par les conseils des deux provinces de Pologne, a pour but de répandre, auprès de tous, son grand message. Les évènements solennels du centenaire seront ponctués par des célébrations liturgiques, des colloques et des programmes culturels. Pour appuyer ces initiatives et pour participer à ces évènements, les autorités civiles et religieuses ont été invitées. Nous adressons également un appel à toutes les personnes, à tous les groupes et les amis du Carmel afin que, selon leurs moyens, ils puissent se joindre et participer à ce programme anniversaire à travers des publications, des rencontres et toute autre initiative permettant la transmission du message et du caractère de saint Raphaël Kalinowski.
Nous vous adressons à tous nos meilleurs voeux afin que cette année 2007, année de saint Raphaël, soit pour vous l'occasion de nombreuses rencontres en sa compagnie et vous permette d'entrer plus profondément dans les mystères de sa vie, là où Dieu habite. C'est en effet précisément le propre de la mission des saints: celui de nous conduire à Dieu!

Cracovie - Varsovie, le 16 juillet 2006.
Père Albert-Stanisław Wach, OCD
Provincial Province des Carmes Déchaux de Cracovie
Père Marian Stankiewicz, OCD
Provincial Province des Carmes Déchaux de Varsovie

niedziela, 24 sierpnia 2008

CARMEL EN RCA

INTRODUCTION

Le Couvent Saint-Élie à Bouar est une maison d’étude de Philosophie, de Théologie et de Noviciat ; il a été inauguré le 8 décembre l995. Ce couvent est à 2 km de la ville, sur la route de Bouar-Bangarem et Carnot. Le Couvent est situé sur une montagne avec un beau panorama sur la Ville de Bouar. Il est entouré par des vallées, des arbres et des herbes verdoyants. Il a une forme rectangulaire et est entouré des bougainvilliers. Il est visible de tous les coins de la Ville.
C’est dans ce sillage que nous souhaiterions vous offrir une modeste description de notre couvent Saint-Élie à Bouar. Mais la querelle naît à partir des mots, alors il serait bien logique et compréhensible que nous vous donnions la définition du mot couvent avant de nous lancer totalement dans cette description.
Un couvent, c’est l’ensemble des lieux strictement réservés à la communauté, pour que les frères ou les sœurs puissent s’adonner à une vie de prière et dans une communion avec Dieu dans une ambiance de silence.
Ceci étant dit, nous essayerons de présenter ce travail en trois parties :
Dans un premier temps nous vous présenterons l’origine de ce Couvent Saint-Élie.
Dans un second volet nous vous ferons une description succincte des activités maîtresses du couvent et les composantes de ce dernier.
Dans une troisième partie, il serait important de porter un regard sur le projet de vie des frères selon leur charisme particulier . Pour mettre un point final à cette petite monographie du couvent Saint-Élie à Bouar, il serait aussi bien que nous donnions notre apport sur ce Carmel en Centrafrique.
C’est dans cette perspective que nous allons conduire ce travail de recherche en Méthodologie Scientifique.

Première Partie

LES ORIGINES HISTORIQUES DU CARMEL

Les origines concrètes de la « laure » établies avant le début du XIIè siècle par des ermites occidentaux sur le Mont Carmel, sont inconnues. Les Carmes ne peuvent pas, comme les autres instituts religieux, se référer à une grande figure historique qu’ils pourraient vénérer comme leur fondateur. On ignore tout de l’identité personnelle des premiers ermites, de l’époque, de leur venue en terre sainte, des vicissitudes de leur vie individuelle et collective, du développement progressif de leur installation et de leur manière de vivre. On pourrait avoir l’impression que l’Ordre est né directement du Saint Esprit ,de cet Esprit qui, secrètement, poussa les premiers ermites à rejoindre la solitude du Mont Carmel afin de vivre dans la recherche de Dieu seul.
Jusqu’au début du XIIIè siècle, les ermites du Carmel avaient vécu d’après les traditions orales, mais entre 1207 et 1214, leur chef, dont on ne connaît que l’initiale du prénom, Brocard, demanda à Saint Albert, patriarche de Jérusalem, une Règle « Primitive »1 pour ses frères, qui confirmerait leur genre de vie. Brièveté, équité, discrétion et densité caractérisent ce texte, tissé de nombreuses citations de la Bible. L’accent y est mis davantage sur l’ « être » que sur le « faire » : dans sa simplicité, la vie contemplative est centrée sur Dieu, de qui tout découle et vers qui tout reflue.
Le premier témoignage qui atteste l’existence sur le Mont Carmel des ermites, est de Jacques de Vitry, évêque de Saint-Jean-d’Acre dans son Historia hierosolomitana, rédigée vers 1220, il situe la fondation des ermitage du Mont Carmel dans l’ensemble de l’occupation religieuse de la Terre Sainte par les Latins : « des hommes saints, à l’exemple de cet homme saint et solitaire, le prophète Elie, vivaient à l’écart, sur le Mont Carmel habitant dans leurs rochers de petites cellules et, tels que des abeilles du Seigneur, faisant du miel d’une douceur toute spirituelle »2
Ces premiers Carmes avaient bâti une belle petite église dédiée à Notre-Dame. Ceci atteste qu’ils avaient choisi dès le commencement la Mère de Dieu pour Patronne et Protectrice de leur institut, dédié à se vouer tout entier à son service. Le Carmel a reconnu en Marie et Elie les idéaux auxquels ses membres doivent viser.
C’est en l562 que Sainte Thérèse de Jésus née en l5l5 à Avila, en Espagne, une moniale de clôture, vécut une vie de merveilleuse expérience d’amité avec Dieu qui la poussa à une vie plus forte de prière, avec d’autre sœurs, pour donner à l’Eglise en difficulté, à cause de la séparation des Protestants et du relâchement des Chrétiens, un soutien de prière et de sacrifice.
Avant que Sainte Thérèse ne meure, ses derniers mots furent ceux-ci : « Enfin, je meurs fille de l’Eglise » tel était son amour pour l’Eglise. En l567, Sainte Thérèse avait rencontré saint Jean de la croix, avec lequel elle commença la réforme des frères, qui devinrent les Frères Carmes Déchaux, le 28 novembre l568 à Duruelo3
Ce fut l’origine de l’ordre du Carmel Déchaux de la Province de Gênes en Italie.

1.1 Un aperçu de la Province Carme en Italie

L’ordre du Carmel, en R.C.A. La plupart de Pères viennent de la Province de Gênes, qui est la première Province hors de l’Espagne fondée par le Père Nicolo Doria, le Père Ferdinand… avec le couvent de Sainte Anne en l584. En Italie, cette Province compte six maisons qui sont reparties dans certaines Villes d’Italie :
1A Gênes, ce couvent appelé Sant Anna, est une maison d’étude de la Théologie. Pour parvenir à cette maison accrochée à la montagne comme un nid d’hirondelle, il faut emprunter un chemin semblable à un labyrinthe.
2 Aranzano, est une maison divisée en deux parties : le
Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague et le petit séminaire, d’où l’on découvre un panorama splendide sur la mer.
3Loano, est une maison de confession et de direction spirituelle.Elle
ressemble à un château romanesque des chevaliers du Moyens Age.
4 Déserto di Varazze, est une maison de Noviciat et d’accueil pour ceux qui aspirent à cet ordre du Carmel. Elle est plongée dans une petite forêt de conifères.
5 Bocca di Magra, est une maison de retraite et de la récollection ; sa position sur la mer laisse imaginer une cité poétique de l’antiquité grecque avec toute sa mythologie.
6 Savona, est une paroisse, elle est situé en pleine ville.
Chacune de ces maisons a sa caractéristique.
Il y a aussi cinq monastères de moniales ( sœurs de clôture) à Gênes, à Savonna, à la Spezia, à San Remo et à Turino.

1.2 Un aperçu sur la délégation en R.C.A

C’est de tous ces endroits que les premiers Pères Carmes déchaux Italiens de la Province de Gênes sont partis comme missionnaires et se sont installés à la mission de Bozoum, Chef-lieu d’une des l6 préfectures de la République Centrafricaine. Après Bozoum, la présence des carmes se propage aussi dans d’autres villes comme : Baoro, Bossentélé, Bouar-Herman, Yolé.
1-Bozum, est une paroisse missionnaire dédiée à Saint Michel. Outre celle-ci, il y a trois chapelles dans les quartiers ; Saint Antoine de Padoue, Saint Jean de la croix et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Les Pères de la paroisse sont aidées par les Sœurs Franciscaines de la Propagation de la foi et les Sœurs Franciscaines de Marie Missionnaire du Verbe Incarné.
2-Baoro, est une petite paroisse avec un climat favorable aux missionnaires et aux laïcs. Cette paroisse est dédiée à l’Enfant Jésus de Prague. Il y a une maison de formation tenue par les Sœurs de Sainte Thérèse de la Province de Turin en Italie.
3-Bossentélé, c’est aussi une petite Paroisse avec un Père qui était parmi les premiers missionnaires. L’Eglise est dédiée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Les Sœurs Carmelites de Tourin, ici encore, sont au service de la paroisse.
4-Yolé-Bouar, c’est le petit séminaire des Pères Carmes déchaux depuis 1986. Ce séminaire a commencé à Bozoum avec 12 séminaristes, guidés par le Père Dominique Rossi l’initiateur et directeur en même temps de ce séminaire. Il est sous la protection de l’Enfant Jésus de Prague. Le séminaire comprend trois étapes de formation à savoir : le premier cycle qui va du C.M.1 à la classe de 3è, la seconde étape c’est l’année de pré noviciat et la troisième étape va la de seconde à la terminale (la terminale correspond au postulat). Ce séminaire peut accueillir plus de cent élèves et un certain nombre de formateurs.
L’école se fait au séminaire des Pères Carmes ; il accueille les autres séminaristes : ceux du séminaire des Pères Capucins et ceux du séminaire diocésain. Dans ce séminaire il y a une communauté de Sœurs de l’Inde, de la Congrégation du Mont Carmel qui aide le séminaire Carmes dans les différents services entre autres celui de l’enseignement.
5Bouar-Herman, est une maison d’étude ou un couvent qui est sous la protection du prophète Elie ;c’est la suite de la formation de la Yolé. Ce couvent a deux cycles de formation : le premier cycle est une année de noviciat et la seconde étape dure six ans pour les études de Philosophie et de Théologie et un an de stage. Dans ce couvent on y trouve des Pères, des étudiants qui ont déjà fait leur profession temporaire, un frère profès solennel, un novice, deux frères de la communauté de l’Arbre de vie de Bangui, et un stagiaire.
Nous les étudiants, nous suivons le cours à la fraternité de Saint Laurent à 5 km de notre couvent Saint-Élie.

1.3 Le projet du couvent Saint-Élie

Le projet de la maison d’étude du couvent Saint-Élie a été fait par le Père Renato ALDEGERRIT, il a été réalisé par l’ingénieur Boutzi et construit par son entreprise en un peu de temps. Il a été financé par certains bienfaiteurs d’Italie.
Un beau jour, les pères de la délégation se sont réunis et mis d’accord pour trouver l’endroit le meilleur pour la construction du couvent. Par l’intuition de l’Esprit Saint, ils ont décidé de construire cette maison sur une montagne semblable au Mont Carmel en l’honneur du prophète Elie. Ce couvent est assez proche de la ville pour certaines raisons à savoir :
bien participer à certaines célébrations plus marquantes à la cathédrale avec l’ensemble des chrétiens.
le problème des achats.
Se rendre rapidement à l’école.
la rencontre spirituelle, la confession, et la direction spirituelle.
l’apostolat.
Ce couvent est quelque peu éloigné de la ville pour certaines causes :
•avoir une concession un peu grande pour la culture…
•n’être pas dérangé par le bruit.
•avoir une ambiance calme dans la prière d’oraison.
•favoriser le contact avec la nature.
Enfin, cette maison d’étude est comme le premier couvent en République Centrafricaine ; les autres maisons sont des communautés chargées de paroisse.
C’est le 8 décembre 1995 que ce couvent a été inauguré et habité par des Pères et des Frères menant une nouvelle vie selon le charisme du Carmel. A cette époque, le Père Dominique Rossi comme maître des novices, le père Carlo Cencio et le Père Françis de la Province de Malabar (Inde) constituaient cette communauté.

1.4 Découvrons le couvent Saint-Élie

Le couvent Saint-Élie est une construction conventuelle qui rappelle le style de 1500 à 1600. Il est rectangulaire et mesure 50m sur 30m, avec plus de soixante. A l’intérieur il y a un très beau croître avec vérandas de style romain et deux orées de déchaussé. Le couvent a un rez de chaussée étage.
Ce premier étage est celui des cellules des pères, des frères et des novices (c’est la clôture). Il y a une jolie chapelle et une pièce pour l’ordinateur du côté nord ; Vers la zone sud, une chambre pour la radio diocésaine et w. c. chaque cellule a une douche. L’étage est réservé uniquement aux frères et aux formateurs, personnes doivent y mettre pied .
La véranda du rez de chaussée s’ouvre sur un jardin de fleurs où s’élèvent quelques arbres fruitiers ;au milieu de ce jardin, une statue de la Vierge Marie du Mont Carmel, entourée de magnifiques bougainvilliers ; c’est un endroit propice à notre prière du chapelet le samedi soir ; chaque frère est invité à le préparer selon sa forme de dévotion envers Marie.
A l’entrée du couvent, tout juste du coté droit, se trouvent des toilettes, un parloir et face à la porte une statue du prophète Elie. Du coté gauche vers l’est, une chapelle provisoire, une bibliothèque, un magasin à outils, un magasin alimentation, la lingerie, la cuisine et le téléphone (national). Du sud, un réfectoire avec des icônes des Saints de notre Ordre et, au fond, une petite entrée. Côté ouest, des séries de cellules pour les hôtes et des toilettes au fond ; vers la ville et en contrebas, le sous-sol qui a une ouverture dormant sur le terrain de football et de basket ; cette parie comprend différentes pièces : douche, w. c, salles et chapelle pour le camp vocationnel et pour les groupes qui viennent en réunion, pour la retraite ou la récollection…
Côté nord, il y a une grande salle de récréation avec possibilité de divers loisirs (vidéo, cartes, baby-foot, radio cassette profane…), et un bureau. Toujours vers le nord, en sous-sol quelques chambres pour les parents, les hôtes, les sœurs (pour la retraite) et les laïcs.
A l’extérieur du couvent, une partie de la concession est clôturée, afin de la sauvegarder contre le feu de brousse et contre les voleurs. Dans cet espace où se dressent de beaux rochers, nous avons assez de place pour le jardin potager, des arbres fruitiers, différentes cultures, l’élevage de pondeuses, un magasin et garage ; C’est aussi un bon endroit pour chemin de croix

1.5. Le pourquoi du nom Saint-Élie attribué à notre couvent

La délégation Provinciale de Centrafrique a donné le nom du prophète Elie à notre maison pour des raisons qui nous font remonter à l’origine du Carmel. Le culte du prophète Elie est demeuré vivant au cours des siècles, comme en font foi des récits de voyage qui remontent à l’époque byzantine. Elie a été considéré par les Pères grecs et les pères du désert comme l’ancêtre et le modèle de l’érémitisme, puis de la vie monastique qui en est issue. « Tous ceux qui font profession de la vie solitaire doivent prendre pour règle et pour patron le grand Elie » dit Saint Athanase. C’est pour cela que dans l’histoire de l’Ordre du Carmel en R.C.A. La délégation voulait donner à ce couvent comme un repère et un souvenir du prophète Elie.
A défaut d’un fondateur connu qui eût servi de modèle à ses fils, le prophète Elie et la Vierge Marie ont profondément marqué la spiritualité et la vie du Carmel. En raison du décret NE NIMIUM RELIGIONUM DIVVERSITAS que : « quiconque voudra entrer en religion, embasse une des religions déjà approuvée »5 le Carmel a pris comme fondateur le Prophète Elie.

Une raison est que la montagne du couvent Saint-Élie rappelle le Mont Carmel. « Dans les religions de l’antiquité, les Monts ou les montagnes étaient considérés comme des lieux où la divinité se révélait volontiers. C’est là de préférence qu’on dressait des Sanctuaires, des Eglises ou des couvents. Cette croyance s’expliquait par le fait que, pour les anciens, la voûte du ciel, séjour de Dieu, reposait sur les sommets des montagnes comme des colonnes naturelles. Guidés par un symbolisme suggestif, les hommes s’imaginaient donc que, pour s’approcher de Dieu. On ne sera donc pas étonné si on retrouve des traces de croyance (Psaume 36,7). Ce sont des montagnes que Dieu choisit pour des révélations ( le Sinaï, le Mont des Béatitudes, le Thabor…»6.Ce sont des endroits propices à la prière contemplative et des lieux de rencontre de Dieu. Dans la tradition africaine, ce sont des lieux agréables pour le sacrifice et la prière adressée au bon Dieu.

Deuxième Partie :

LES ACTIVITES MAITRESSES DU COUVENT Saint-Élie

2.1 Les composants du couvent Saint-Élie

La communauté du couvent Saint-Élie est réunie au nom du Christ. Elle est composée de membres appartenant des races et des pays différents pour former une seule famille. Chacun a ses défauts, son caractère, ses coutumes… mais nous nous entraidons dans l’amour mutuel et l’amour de Dieu. Le couvent est bien organisé. il est composé des Pères formateurs, des frères qui ont déjà fait la profession Temporaire ou Solennelle, d’un novice, d’un stagiaire, de la Communauté de l’Arbre de vie de Bangui.
Voyons cette communauté plus en détail :
Le Père Jacob ETTUMANOOKARN de la Province de Malabar (Inde), âgé de quarante huit ans, sa maturité, sa compétence et ses vertus l’ont conduit à avoir la charge de formateur plusieurs d’institutions religieuses, il est au couvent Saint-Élie comme Père supérieur, responsable de la maison et Père Maître des novices depuis trois ans, de plus il est professeur de morale au grand séminaire Saint Laurent.
Le Père Giulio âgé de soixante huit ans, Délégué Provincial en Centrafrique depuis deux ans, est Père Maître des étudiants, il est toujours souriant, généreux, mystique et fidèle dans la prière.
Le Père Carlo CENCIO, âgé de soixante-quatre, « un grand comédien et un animateur ». Il fait parti des premiers missionnaires Carmes qui se sont installés à la mission à Bozoum en 1971. Il appartient au groupe des formateurs du couvent Saint-Élie, aide la communauté en tout, comme il se dit : « Pauvre Serviteur », il est professeur de plusieurs matières au grand séminaire Saint Laurent.
Du côté des frères, il y a un frère de profession solennelle de sixième année, deux frères en cinquième année, deux frères de deuxième année, deux autres plus un frère de la communauté de l’Arbre de Vie en première année, un novice, un stagiaire italien de deuxième année de notre Province de Gênes et un postulant de la communauté de l’Arbre de vie.

2.2Les points centraux du couvent Saint-Élie

Dans notre couvent Saint-Élie, nous avons des points centraux qui nous ont donnés pour garder une confiance filiale en Dieu avec un désir toujours plus grandes de trouver en Lui notre accomplissement dans la paix et dans la joie intérieure. Voilà ces points qui nous aident dans notre communauté, sans pour autant négliger les autres :

2.2.1. La prière communautaire

Nous vivons dans une ambiance d’amour, dont le culte de la présence de Dieu est un des éléments le plus important dans notre vie intérieure. Dans notre couvent, nous voulons mettre en pratique ce que notre mère Thérèse nous a enseigné comme pilier de notre charisme ; c’est l’oraison que nous faisons chaque matin et chaque soir : nous avons deux heures de contemplation en la présence de Dieu…(qui nous permette de nous initier petit à petit à l’oraison du Carmel).
Nous avons encore d’autres prières, comme les laudes, l’office du milieu du jour, l’office des lectures, les vêpres et les complies. Avant de venir participer à ces prières, il y a une préparation intérieure par le silence, la lecture spirituelle, le chapelet…
Notre couvent Saint-Élie a une dimension communautaire de prière. Nous prions, non par discipline ni par ordre des supérieurs, mais parce que nous le voulons, en toute liberté. C’est ensemble que nous répondons à notre vocation.
Dans notre couvent a d’autres aspects visibles de la prière :
La liturgie de l’eucharistie ( la messe qui est le centre de notre vie de famille )
L’adoration, l’oraison participée, la méditation participée, la prédication).

2.2.2. Le travail manuel et intellectuel

Le travail est pour tout homme la condition sine qua non pour atteindre son autonomie. Dans notre maison d’étude, le travail nous permet de gagner notre pain quotidien par notre effort personnel avec les moyens que nous avons.
C’est dans ce but que nous avons limité une concession très grande, afin d’avoir une superficie qui convienne au travail manuel. Le travail dans notre couvent est réparti par le supérieur de la maison selon les capacités et la compétence de chaque frère dans un domaine de travail précis et déterminé. Chacun des frères met son intelligence, son savoir faire et sa bonne volonté à travailler comme il faut pour le service de la communauté. Le travail nous aide à devenir des hommes mûrs et responsables. Le travail est très important dans notre couvent Saint Elie. Ainsi nous collaborons avec Dieu à la création. Chaque jour nous avons une heure et trente minutes pour le travail pendant l’année scolaire et pendant les grandes vacances les heures sont plus nombreux. Le travail se présente ainsi : la charge annuelle, mensuelle, quotidienne et hebdomadaire.
Voici liste de services : chapelle, hôtellerie, bibliothèque, buanderie, jardin potager, verger, garage et manutention, pisciculture, élevage de pondeuses, fromagerie, formation des séminaristes et des servants, musique et chants, équipe liturgique et récréative, couture, magasin alimentaire et infirmerie…
L’intelligence est un don de Dieu, nous devons la cultiver chaque jour et la développer. Notre couvent est une maison d’étude. Le temps de formation comporte six ans d’étude ou plus, afin d’approfondir notre connaissance et notre intelligence de la théologie et de la philosophie.
Le travail intellectuel a pour but de former le jeune à avoir des bases de savoir solides pour le ministère sacerdotal. Il a toujours besoin de se former chaque jour par des lectures de livres, de journaux, de revues…. Dans notre couvent nous avons une heure et trente minutes consacrée à l’étude dans l’après- midi et la possibilité d’étudier pendant la nuit.
Nous avons plusieurs moyens qui nous aident à former notre connaissance intellectuelle, il y a un certain nombre des livres dans la bibliothèque qui nous permettent un travail de recherche. Nous y trouvons aussi de la lecture spirituelle, la radio pour l’information, des journaux, des revues et des vidéocassettes…

2.2.3. La récréation communautaire

Dans la vie communautaire, la récréation, la détente, le jeu ont une part importante. La détente nous aide à rester toujours en harmonie, de nous connaître davantage et dialoguer. C’est un temps qui est précieux pour partager ; la joie, c’est une occasion d’en faire l’expérience comme le dit le Psalmiste: « Qu’il est bon qu’il est doux d’habiter tous ensemble »7 , c’est le moment ou chacun des frères donne de la joie à l’autre, même s’il n’en a pas envie ; c’est en donnant la joie qu’on reçoit la joie en abondance. Dans notre couvent nous avons plusieurs manières de vivre la récréation communautaire. Elle se fait après le repas de chaque soir de lundi à dimanche.
Voilà les activités récréatives de notre couvent :
Les activités sportives : football, volley-ball, basket-ball, baby-foot…
Jeux organisé par le groupe récréatif : contes, chants, jeux intellectuels, le tournoi, danse, musique, théâtre…
A l’occasion des fêtes de Noël et de Pâques, il y a une promenade ou une sortie hors du couvent. La récréation a aussi pour but de faire oublier certains soucis.

2.3. Les engagements communautaires du couvent

2.3.1. L’horaire de la communauté

La ponctualité est très importante dans notre couvent, c’est un signe de respect, de délicatesse et d’amour dans tout nos actes. C’est pourquoi dans la maison, il y a partout des réveils dans les coins pour que nous puissions arriver à l’heure aux actes communautaires, comme la prière ou le travail. L’horaire nous aide aussi à bien organiser notre temps d’une façon intelligente, sans le gaspiller et l’utiliser comme il faut, c’est un don de Dieu.

2.3.2 Le silence communautaire

Le silence dans notre maison est un élément fondamental pour notre vie de prière, et un véritable culte de la présence de Dieu. Le silence forme notre cœur, car qu’il s’agit d’un silence extérieur et intérieur qui ne nuit pas, mais qu’il est plein de la présence de Dieu, pour vivre en intimité avec Jésus, non seulement pendant les temps consacrés à la prière ; ce silence est de rigueur dans tous les lieux du couvent, surtout à l’intérieur où il est strict. Le silence est exigé par les constitutions, c’est pour cette raison que toute la semaine nous ne parlons pas au réfectoire pendant le repas, sauf le jeudi et le dimanche qui sont les jours de récréation et le samedi soir et jour de Fête ou Solennités.

Au moment du repas de midi nous écoutons une lecture d’Ecriture Sainte et un livre sur un saint choisi par le père supérieur, et le soir nous écoutons une cassette religieuse ( chants ou commentaire sur la vie d’un Saint ). La constitution nous ordonne de garder le silence depuis la fin de complies jusqu’après prime du jour suivant. Pour le reste du temps, bien que l’observance du silence ne soit pas aussi rigoureuse, il est commandé de parler à voix basse. Car, ainsi qu’il est écrit et ne l’enseigne pas moins l’expérience : « L’abondance de paroles ne va pas sans offense qui retient ses lèvres est avisé»8 et dans l’Evangile le Seigneur dit : « De toute parole oiseuse qu’ils auront dite les hommes rendront compte au jour du jugement »9 , « Que chacun pèse donc ses paroles et mette un frein à sa bouche de peur qu’il ne glisse et tombe à cause de sa langue et que sa chute ne soit pas incurable et mortelle »10
Dans notre communauté le silence est gardé selon l’Esprit de la Règle, avec diligence et précaution, pour protéger et nourrir notre vie, favoriser le travail de chacun des frères en solitude.

2.4. Les engagements annuels

Les engagements annuels dans notre maison ont besoin de structures, d’une discipline, d’un règlement. Chaque année la communauté doit décider et prendre des engagements qui sont comme l’ossature et la chair du corps. Nous avons pris des engagements qui nous aident à vivre notre vie de sanctification :
1Tous les soirs de l’année ( à l’exception des solennités ) le lundi, le mercredi et le vendredi ; nous chantons le « Miserere » en nous tenant debout les bras étendues en forme de croix.
2Tous les vendredis soir, nous jeûnons depuis la fête de l’exaltation de la croix (14 septembre) jusqu’à la fête de Pâque et après Pâque nous cessons de jeûner.
3Tous les vendredis soir, à lieu de famille ou la méditation participée ou l’oraison participée et la correction fraternelle.
4Pendant le carême, nous jeûnons le mardi et le vendredi soir aussi que la veille de certaines fêtes des Saints de l’Ordre du Carmel à midi.
5La neuvaine est obligatoire pour la solennité de Notre Dame du Mont Carmel, de Sainte Thérèse d’Avila, de Saint Joseph, et de Saint Jean de la croix.
6Triduum : pour la fête de sainte Thérèse de Lisieux, de Saint Joseph et de Saint Elie.
7Tous les vendredis de l’année nous n’avons pas de fruits à la table.
Au temps du carême et de Pâques le samedi à 24 h, se fait la prière des l’office des lectures et l’oraison.



Troisième Partie :

LE PROJET DE VIE DES FRERES

3.1. Les origines de notre vocation

Les frères du couvent Saint Elie sont de l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel. Ils appartiennent à une famille religieuse qui a reçu dans le peuple de Dieu un charisme propre, et qui dans le corps mystique du Christ une fonction particulière.
Nous sommes rassemblés dans ce couvent par une vocation personnelle et, vu qu’elle se présente comme une expression rénovée d’un Ordre Ancien, elle unit la fidélité à l’égard de l’esprit et de la tradition du Carmel à la volonté d’une incessante rénovation.
Notre Mère Thérèse nous a légué ces deux choses comme un testament, nous les rappelons et nous accordons une écoute docile à l’appel de Dieu, nous sommes vraiment unis à l’esprit et à la vie de nos prédécesseurs et nous exprimons la fidélité et la continuité l’existence avec cette famille naissante en Centrafrique. Ainsi nous considérons les actes de nos « Saints Parents » non seulement comme du passé, mais comme une vivante esquisse et une préparation providentielle de notre genre de vie dans l’Eglise.
En choisissant en effet la Bienheureuse Vierge Marie comme Mère et Patronne de l’Ordre, nous regardons sa vie intérieure et son union au mystère du Christ comme le modèle admirable de la consécration religieuse.
Parmi les hommes bibliques dignes de vénération, nous honorons spécialement le prophète Elie, contemplant le Dieu vivant, et brûlant de zèle pour la gloire de Dieu ; nous le vénérons comme inspirateur du Carmel et nous considérons son charisme prophétique comme modèle de notre vocation.
Notre genre de vie est instauré et observé sous forme érémitique ; il fut solennellement accepté et approuvé par l’Eglise.

3.2. Les éléments majeurs de notre vocation

Les éléments majeurs de notre vocation se dégagent dans le charisme de Sainte Thérèse que nous professons :
1-Les éléments majeurs de notre vocation sont établis dans la vie religieuse dans la « dépendance de Jésus-Christ »11, appuyés sur la compagnie , l’imitation et la protection de la Vierge Marie.
2-Ils consistent dans la grâce par laquelle nous sommes poussés, dans une fraternelle communion de vie, vers « l’union secrète avec Dieu »12
3-Nous mettons sans cesse en pratique les lois du Seigneur, par la vie contemplative et active ou apostolique au service de l’Eglise.
4-Nous sommes appelés à l’oraison qui nous conduit par l’écoute de la parole de Dieu et par la liturgie, à la conversation amicale avec Dieu, non seulement dans la prière, mais dans la vie entière.
5-Nous appartenons au contenu même de notre charisme, que nous animons, par une intention apostolique ; nous collaborons de diverses manières au service des hommes, pour qu’effectivement l’action apostolique procède de l’union intime au Christ.
6-Nous nous rassemblons dans une communion fraternelle et nous nous efforçons d’accomplir ces œuvres, la contemplation et l’action. Nous rendons témoignage à l’unité de l’Eglise par notre communion de vie dans les liens de charité.
7-Nous nous efforçons d’établir une manière de vivre qui, soutenue par l’abnégation évangélique, soit conforme à la Règle et à la doctrine de nos Saints Parents.
Nous sommes guidés par le même souci, nous embrassons, comme Règle suprême de vie, la marche à la suite du Christ, comme l’évangile nous le propose, et nous professons la Règle de Saint Albert de Jérusalem, confirmée par Innocent IV, selon les présentes constitutions
Notre action dérive immédiatement de cette de contemplation ; elle se caractérise par la direction spirituelle avec tout ce que celle-ci comporte. Notre action dans le couvent s’exerce de façon courante dans la direction individuelle et la confession, dans les retraites et les récollections ; mais une mention spéciale doit être faite des « Ecoles d’Oraisons » qui ne sont ni retraites ni récollections. L’école d’oraison consiste en une série d’instructions ou conférences espacées au long d’une saison sur un thème particulier. La formation des séminaristes de la Yolé, des enfants de chœurs, et la prêche de la messe du dimanche font partie de notre apostolat.
Notre apostolat dans l’Eglise concerne l’enseignement aux moniales de l’ordre. Ce fut là le dessein de notre Mère Thérèse, quand elle restaurait la famille des frères Carmes Déchaux. Dans notre maison d’étude, le rôle apostolique a une grande importance ; cet apostolat particulier a été mis en œuvre sans oublier personne.

3.3. La vision du Carmel en Centrafrique

Nous avons une vision optimiste du Carmel en R.C.A, à travers un progrès très lent et laborieux; le but est de former une Province carmelitaine, composée au moins de la majorité des religieux Carmes Centrafricains. Il faudra encore plusieurs années de sacrifices.
Le Carmel en Centrafrique doit exister, selon la Règle et les Constitutions qui ont été établies en Espagne au XVIè siècle avec Saint Thérèse et saint Jean de la croix. A notre humble avis, le Carmel implanté en terre Centrafricaine par les Carmes Déchaux de la Province de Gênes veut former des Carmes Centrafricains dignes de l’esprit de Thérèse, notre mère réformatrice. Tout en préservant le fondement de notre spiritualité, de notre charisme, le Carmel tient compte des circonstances du milieu local.
Il ne peut se réaliser pleinement sans la contribution et la collaboration des Carmes autochtones. Raison pour laquelle il faut une véritable relation entre les formateurs et les formés. Ce lien réciproque doit se baser sur l’amour dans la perspective de bâtir un Carmel Thérèsien en Centrafrique. En outre les autochtones se sentent comme des frères de la même famille afin d’assurer la responsabilité pour l'avenir.
L’inculturation du Carmel en Centrafrique doit se faire par les Carmes Centrafricains sages et saints selon l’esprit qu’ils ont bien assimilé de la tradition qui remonte au couvent de la Province de Gênes. Il est toujours dit « qui apprend à nager peut devenir un bon nageur ».
La vision du Carmel en Centrafrique n’est pas pessimiste. Le Carmel est appelé à un rôle très important dans l’Eglise centrafricaine. Mais il ne réussira dans ce rôle que s’il a réussi la formation des futurs Carmes Centrafricains. D’où la nécessité que ceux-ci soignent leur formation spirituelle et intellectuelle.
Cependant, le Carmel doit affronter, voire, adapter la formation aux réalités contemporaines du pays. Qu’on ne fasse pas des futurs Carmes une classe d’élite inabordable, mais de vrais fils du pays capable de répondre jusqu’au fin fond du pays la parole de Dieu.

3.4. Les suggestions pour le Carmel en R.C.A

La suggestion la plus importante concernant le Carmel en Centrafrique : être fidèle au charisme Thérèsien par la prière et la contemplation pour continuelle.
Il faut aussi que les jeunes frères carmes Centrafricains soient conscients de ce qu’ils font et acceptent ce qu’on propose de bon cœur sans rester indifférents, en ayant les yeux ouverts et en faisant des propositions sur le plan spirituel, économique, manuel (travail), intellectuel et vocationnel. Quand on forme, on forme sur tous les plans possibles.
Il faut entrer un peu dans le regard théologal. Il ne nous revient pas de nous préoccuper de l’avenir du Carmel en Centrafrique. Certes, nous devons l’entretenir comme un jardinier se montre garant de son jardin afin de le faire fructifier. Il convient de répondre « oui » à l’appel de Dieu, jour après jour. L’Esprit Saint fera les reste. Notre « oui » quotidien n’est autre chose que de vivre conformément à la Règle et aux Constitutions de notre Ordre. Soyons donc habiles à mener cette vie mixte ( Contemplation et action).
Nous pouvons souhaiter que le Carmel en Centrafrique tienne bon et nous saurons nous mettre au travail en tout domaine. Que chaque frère contribue avec son charisme, ses talents ses capacités…
Et par dessus tout, nous suggérons que le Carmel s’implique plus davantage dans les réalisations diocésaines, dans son rôle le plus spécifique, l’animation de la vie spirituelle. Cette animation ne doit pas se limiter a une élite, mais a tous les chrétiens. Que là où il y a les curés, les Carmes se donnent bien plus au souci de la vie spirituelle de leur chrétiens.

3.5. Les difficultés de l’étudiant

Dans une maison de formation, il ne manque pas de difficultés ; les plus grosses sont au niveau de la maison d’études Inter Congrégations. La structure est encore fragile, il faudrait la solidifier depuis le « rectorat » jusqu’au « manuel ». En effet il existe pas mal de failles dans notre formation et c’est une nécessité que la Maison d’étude soit liée a un Institut Pontificale, cela pour permettre une rotation des professeurs.
Ce qui nous manque le plus, a sont des professeurs qualifiés. Il en existe très peu dans notre « Maison d’étude ». Il est vrai que bon nombre possèdent bien la matière, mais manquent de méthode de transmission, d’où l’énorme difficultés pour ceux qui atterrissent chez nous. Ils ont du mal à comprendre l’enseignement.
Nous souhaitons aussi que la possibilité soit donnée aux étudiants de s’exprimer beaucoup plus, face à la direction, aux professeurs, entre les étudiants et face au monde par une revue ou un journal…Nous espérons que d’ici peu tout sera mis en ordre pour favoriser le décollage de notre Maison d’étude .

Conclusion

Le couvent Saint Elie est une Maison d’étude qui est fondée par les Pères Carmes d’Italie de la Province de Gênes en 1995 à Bouar-Herman; dans la Préfecture de la Nana-Mambéré. Il est comme le premier couvent des Carmes en Centrafrique.
Il a pour but ; de former les futurs religieux Carmes Centrafricains autochtones, capables d’écouter, de comprendre et d’aider le peuple de Dieu dans son pèlerinage de foi.
Cette Maison d’étude compte sept ans de formation et une année de stage ; avec préparation sérieuse à la philosophie et à la théologie ; qui sont à la base de la prêtrise . C’est pourquoi nous, les jeunes frères Carmes Centrafricains devons etre préparés de façon adéquate à cette tâche spécifique et nous devons sentir que nous sommes une partie vitale de l’Eglise en « communion » avec elle.
Notre but dans cette petite monographie scientifique est de faire un peu la description de notre couvent Saint Elie qui vient de naître, il y a six ans à Bouar ; pour ceux qui n’ont jamais vu cette Maison d’étude ou qui n’ont pas encore entendu le nom de ce couvent. Cette monographie leur permet d’avoir une vision claire, de ce couvent existant dans la Préfecture de Nana-Mambéré.
C’est un couvent qui est encore fragile dans son existence et qui a peu de frères mais, qui avec bonne volonté, désirent progresser dans l’amour de Dieu et la vocation carmelitaine en R.C.A. Nous souhaiterions, dans quelques années , avoir des Pères Carmes Centrafricains.
Notre travail de recherche scientifique dans le cadre de la Méthodologie ne fournit pas une ample descriptions sur le thème, c’est pourquoi nous souhaiterions que d’autres recherches soient encouragées afin d’enrichir un des jalons que constitue le Couvent Saint-Élie à Bouar.