niedziela, 24 sierpnia 2008

CARMEL EN RCA

INTRODUCTION

Le Couvent Saint-Élie à Bouar est une maison d’étude de Philosophie, de Théologie et de Noviciat ; il a été inauguré le 8 décembre l995. Ce couvent est à 2 km de la ville, sur la route de Bouar-Bangarem et Carnot. Le Couvent est situé sur une montagne avec un beau panorama sur la Ville de Bouar. Il est entouré par des vallées, des arbres et des herbes verdoyants. Il a une forme rectangulaire et est entouré des bougainvilliers. Il est visible de tous les coins de la Ville.
C’est dans ce sillage que nous souhaiterions vous offrir une modeste description de notre couvent Saint-Élie à Bouar. Mais la querelle naît à partir des mots, alors il serait bien logique et compréhensible que nous vous donnions la définition du mot couvent avant de nous lancer totalement dans cette description.
Un couvent, c’est l’ensemble des lieux strictement réservés à la communauté, pour que les frères ou les sœurs puissent s’adonner à une vie de prière et dans une communion avec Dieu dans une ambiance de silence.
Ceci étant dit, nous essayerons de présenter ce travail en trois parties :
Dans un premier temps nous vous présenterons l’origine de ce Couvent Saint-Élie.
Dans un second volet nous vous ferons une description succincte des activités maîtresses du couvent et les composantes de ce dernier.
Dans une troisième partie, il serait important de porter un regard sur le projet de vie des frères selon leur charisme particulier . Pour mettre un point final à cette petite monographie du couvent Saint-Élie à Bouar, il serait aussi bien que nous donnions notre apport sur ce Carmel en Centrafrique.
C’est dans cette perspective que nous allons conduire ce travail de recherche en Méthodologie Scientifique.

Première Partie

LES ORIGINES HISTORIQUES DU CARMEL

Les origines concrètes de la « laure » établies avant le début du XIIè siècle par des ermites occidentaux sur le Mont Carmel, sont inconnues. Les Carmes ne peuvent pas, comme les autres instituts religieux, se référer à une grande figure historique qu’ils pourraient vénérer comme leur fondateur. On ignore tout de l’identité personnelle des premiers ermites, de l’époque, de leur venue en terre sainte, des vicissitudes de leur vie individuelle et collective, du développement progressif de leur installation et de leur manière de vivre. On pourrait avoir l’impression que l’Ordre est né directement du Saint Esprit ,de cet Esprit qui, secrètement, poussa les premiers ermites à rejoindre la solitude du Mont Carmel afin de vivre dans la recherche de Dieu seul.
Jusqu’au début du XIIIè siècle, les ermites du Carmel avaient vécu d’après les traditions orales, mais entre 1207 et 1214, leur chef, dont on ne connaît que l’initiale du prénom, Brocard, demanda à Saint Albert, patriarche de Jérusalem, une Règle « Primitive »1 pour ses frères, qui confirmerait leur genre de vie. Brièveté, équité, discrétion et densité caractérisent ce texte, tissé de nombreuses citations de la Bible. L’accent y est mis davantage sur l’ « être » que sur le « faire » : dans sa simplicité, la vie contemplative est centrée sur Dieu, de qui tout découle et vers qui tout reflue.
Le premier témoignage qui atteste l’existence sur le Mont Carmel des ermites, est de Jacques de Vitry, évêque de Saint-Jean-d’Acre dans son Historia hierosolomitana, rédigée vers 1220, il situe la fondation des ermitage du Mont Carmel dans l’ensemble de l’occupation religieuse de la Terre Sainte par les Latins : « des hommes saints, à l’exemple de cet homme saint et solitaire, le prophète Elie, vivaient à l’écart, sur le Mont Carmel habitant dans leurs rochers de petites cellules et, tels que des abeilles du Seigneur, faisant du miel d’une douceur toute spirituelle »2
Ces premiers Carmes avaient bâti une belle petite église dédiée à Notre-Dame. Ceci atteste qu’ils avaient choisi dès le commencement la Mère de Dieu pour Patronne et Protectrice de leur institut, dédié à se vouer tout entier à son service. Le Carmel a reconnu en Marie et Elie les idéaux auxquels ses membres doivent viser.
C’est en l562 que Sainte Thérèse de Jésus née en l5l5 à Avila, en Espagne, une moniale de clôture, vécut une vie de merveilleuse expérience d’amité avec Dieu qui la poussa à une vie plus forte de prière, avec d’autre sœurs, pour donner à l’Eglise en difficulté, à cause de la séparation des Protestants et du relâchement des Chrétiens, un soutien de prière et de sacrifice.
Avant que Sainte Thérèse ne meure, ses derniers mots furent ceux-ci : « Enfin, je meurs fille de l’Eglise » tel était son amour pour l’Eglise. En l567, Sainte Thérèse avait rencontré saint Jean de la croix, avec lequel elle commença la réforme des frères, qui devinrent les Frères Carmes Déchaux, le 28 novembre l568 à Duruelo3
Ce fut l’origine de l’ordre du Carmel Déchaux de la Province de Gênes en Italie.

1.1 Un aperçu de la Province Carme en Italie

L’ordre du Carmel, en R.C.A. La plupart de Pères viennent de la Province de Gênes, qui est la première Province hors de l’Espagne fondée par le Père Nicolo Doria, le Père Ferdinand… avec le couvent de Sainte Anne en l584. En Italie, cette Province compte six maisons qui sont reparties dans certaines Villes d’Italie :
1A Gênes, ce couvent appelé Sant Anna, est une maison d’étude de la Théologie. Pour parvenir à cette maison accrochée à la montagne comme un nid d’hirondelle, il faut emprunter un chemin semblable à un labyrinthe.
2 Aranzano, est une maison divisée en deux parties : le
Sanctuaire de l’Enfant Jésus de Prague et le petit séminaire, d’où l’on découvre un panorama splendide sur la mer.
3Loano, est une maison de confession et de direction spirituelle.Elle
ressemble à un château romanesque des chevaliers du Moyens Age.
4 Déserto di Varazze, est une maison de Noviciat et d’accueil pour ceux qui aspirent à cet ordre du Carmel. Elle est plongée dans une petite forêt de conifères.
5 Bocca di Magra, est une maison de retraite et de la récollection ; sa position sur la mer laisse imaginer une cité poétique de l’antiquité grecque avec toute sa mythologie.
6 Savona, est une paroisse, elle est situé en pleine ville.
Chacune de ces maisons a sa caractéristique.
Il y a aussi cinq monastères de moniales ( sœurs de clôture) à Gênes, à Savonna, à la Spezia, à San Remo et à Turino.

1.2 Un aperçu sur la délégation en R.C.A

C’est de tous ces endroits que les premiers Pères Carmes déchaux Italiens de la Province de Gênes sont partis comme missionnaires et se sont installés à la mission de Bozoum, Chef-lieu d’une des l6 préfectures de la République Centrafricaine. Après Bozoum, la présence des carmes se propage aussi dans d’autres villes comme : Baoro, Bossentélé, Bouar-Herman, Yolé.
1-Bozum, est une paroisse missionnaire dédiée à Saint Michel. Outre celle-ci, il y a trois chapelles dans les quartiers ; Saint Antoine de Padoue, Saint Jean de la croix et Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.
Les Pères de la paroisse sont aidées par les Sœurs Franciscaines de la Propagation de la foi et les Sœurs Franciscaines de Marie Missionnaire du Verbe Incarné.
2-Baoro, est une petite paroisse avec un climat favorable aux missionnaires et aux laïcs. Cette paroisse est dédiée à l’Enfant Jésus de Prague. Il y a une maison de formation tenue par les Sœurs de Sainte Thérèse de la Province de Turin en Italie.
3-Bossentélé, c’est aussi une petite Paroisse avec un Père qui était parmi les premiers missionnaires. L’Eglise est dédiée à Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Les Sœurs Carmelites de Tourin, ici encore, sont au service de la paroisse.
4-Yolé-Bouar, c’est le petit séminaire des Pères Carmes déchaux depuis 1986. Ce séminaire a commencé à Bozoum avec 12 séminaristes, guidés par le Père Dominique Rossi l’initiateur et directeur en même temps de ce séminaire. Il est sous la protection de l’Enfant Jésus de Prague. Le séminaire comprend trois étapes de formation à savoir : le premier cycle qui va du C.M.1 à la classe de 3è, la seconde étape c’est l’année de pré noviciat et la troisième étape va la de seconde à la terminale (la terminale correspond au postulat). Ce séminaire peut accueillir plus de cent élèves et un certain nombre de formateurs.
L’école se fait au séminaire des Pères Carmes ; il accueille les autres séminaristes : ceux du séminaire des Pères Capucins et ceux du séminaire diocésain. Dans ce séminaire il y a une communauté de Sœurs de l’Inde, de la Congrégation du Mont Carmel qui aide le séminaire Carmes dans les différents services entre autres celui de l’enseignement.
5Bouar-Herman, est une maison d’étude ou un couvent qui est sous la protection du prophète Elie ;c’est la suite de la formation de la Yolé. Ce couvent a deux cycles de formation : le premier cycle est une année de noviciat et la seconde étape dure six ans pour les études de Philosophie et de Théologie et un an de stage. Dans ce couvent on y trouve des Pères, des étudiants qui ont déjà fait leur profession temporaire, un frère profès solennel, un novice, deux frères de la communauté de l’Arbre de vie de Bangui, et un stagiaire.
Nous les étudiants, nous suivons le cours à la fraternité de Saint Laurent à 5 km de notre couvent Saint-Élie.

1.3 Le projet du couvent Saint-Élie

Le projet de la maison d’étude du couvent Saint-Élie a été fait par le Père Renato ALDEGERRIT, il a été réalisé par l’ingénieur Boutzi et construit par son entreprise en un peu de temps. Il a été financé par certains bienfaiteurs d’Italie.
Un beau jour, les pères de la délégation se sont réunis et mis d’accord pour trouver l’endroit le meilleur pour la construction du couvent. Par l’intuition de l’Esprit Saint, ils ont décidé de construire cette maison sur une montagne semblable au Mont Carmel en l’honneur du prophète Elie. Ce couvent est assez proche de la ville pour certaines raisons à savoir :
bien participer à certaines célébrations plus marquantes à la cathédrale avec l’ensemble des chrétiens.
le problème des achats.
Se rendre rapidement à l’école.
la rencontre spirituelle, la confession, et la direction spirituelle.
l’apostolat.
Ce couvent est quelque peu éloigné de la ville pour certaines causes :
•avoir une concession un peu grande pour la culture…
•n’être pas dérangé par le bruit.
•avoir une ambiance calme dans la prière d’oraison.
•favoriser le contact avec la nature.
Enfin, cette maison d’étude est comme le premier couvent en République Centrafricaine ; les autres maisons sont des communautés chargées de paroisse.
C’est le 8 décembre 1995 que ce couvent a été inauguré et habité par des Pères et des Frères menant une nouvelle vie selon le charisme du Carmel. A cette époque, le Père Dominique Rossi comme maître des novices, le père Carlo Cencio et le Père Françis de la Province de Malabar (Inde) constituaient cette communauté.

1.4 Découvrons le couvent Saint-Élie

Le couvent Saint-Élie est une construction conventuelle qui rappelle le style de 1500 à 1600. Il est rectangulaire et mesure 50m sur 30m, avec plus de soixante. A l’intérieur il y a un très beau croître avec vérandas de style romain et deux orées de déchaussé. Le couvent a un rez de chaussée étage.
Ce premier étage est celui des cellules des pères, des frères et des novices (c’est la clôture). Il y a une jolie chapelle et une pièce pour l’ordinateur du côté nord ; Vers la zone sud, une chambre pour la radio diocésaine et w. c. chaque cellule a une douche. L’étage est réservé uniquement aux frères et aux formateurs, personnes doivent y mettre pied .
La véranda du rez de chaussée s’ouvre sur un jardin de fleurs où s’élèvent quelques arbres fruitiers ;au milieu de ce jardin, une statue de la Vierge Marie du Mont Carmel, entourée de magnifiques bougainvilliers ; c’est un endroit propice à notre prière du chapelet le samedi soir ; chaque frère est invité à le préparer selon sa forme de dévotion envers Marie.
A l’entrée du couvent, tout juste du coté droit, se trouvent des toilettes, un parloir et face à la porte une statue du prophète Elie. Du coté gauche vers l’est, une chapelle provisoire, une bibliothèque, un magasin à outils, un magasin alimentation, la lingerie, la cuisine et le téléphone (national). Du sud, un réfectoire avec des icônes des Saints de notre Ordre et, au fond, une petite entrée. Côté ouest, des séries de cellules pour les hôtes et des toilettes au fond ; vers la ville et en contrebas, le sous-sol qui a une ouverture dormant sur le terrain de football et de basket ; cette parie comprend différentes pièces : douche, w. c, salles et chapelle pour le camp vocationnel et pour les groupes qui viennent en réunion, pour la retraite ou la récollection…
Côté nord, il y a une grande salle de récréation avec possibilité de divers loisirs (vidéo, cartes, baby-foot, radio cassette profane…), et un bureau. Toujours vers le nord, en sous-sol quelques chambres pour les parents, les hôtes, les sœurs (pour la retraite) et les laïcs.
A l’extérieur du couvent, une partie de la concession est clôturée, afin de la sauvegarder contre le feu de brousse et contre les voleurs. Dans cet espace où se dressent de beaux rochers, nous avons assez de place pour le jardin potager, des arbres fruitiers, différentes cultures, l’élevage de pondeuses, un magasin et garage ; C’est aussi un bon endroit pour chemin de croix

1.5. Le pourquoi du nom Saint-Élie attribué à notre couvent

La délégation Provinciale de Centrafrique a donné le nom du prophète Elie à notre maison pour des raisons qui nous font remonter à l’origine du Carmel. Le culte du prophète Elie est demeuré vivant au cours des siècles, comme en font foi des récits de voyage qui remontent à l’époque byzantine. Elie a été considéré par les Pères grecs et les pères du désert comme l’ancêtre et le modèle de l’érémitisme, puis de la vie monastique qui en est issue. « Tous ceux qui font profession de la vie solitaire doivent prendre pour règle et pour patron le grand Elie » dit Saint Athanase. C’est pour cela que dans l’histoire de l’Ordre du Carmel en R.C.A. La délégation voulait donner à ce couvent comme un repère et un souvenir du prophète Elie.
A défaut d’un fondateur connu qui eût servi de modèle à ses fils, le prophète Elie et la Vierge Marie ont profondément marqué la spiritualité et la vie du Carmel. En raison du décret NE NIMIUM RELIGIONUM DIVVERSITAS que : « quiconque voudra entrer en religion, embasse une des religions déjà approuvée »5 le Carmel a pris comme fondateur le Prophète Elie.

Une raison est que la montagne du couvent Saint-Élie rappelle le Mont Carmel. « Dans les religions de l’antiquité, les Monts ou les montagnes étaient considérés comme des lieux où la divinité se révélait volontiers. C’est là de préférence qu’on dressait des Sanctuaires, des Eglises ou des couvents. Cette croyance s’expliquait par le fait que, pour les anciens, la voûte du ciel, séjour de Dieu, reposait sur les sommets des montagnes comme des colonnes naturelles. Guidés par un symbolisme suggestif, les hommes s’imaginaient donc que, pour s’approcher de Dieu. On ne sera donc pas étonné si on retrouve des traces de croyance (Psaume 36,7). Ce sont des montagnes que Dieu choisit pour des révélations ( le Sinaï, le Mont des Béatitudes, le Thabor…»6.Ce sont des endroits propices à la prière contemplative et des lieux de rencontre de Dieu. Dans la tradition africaine, ce sont des lieux agréables pour le sacrifice et la prière adressée au bon Dieu.

Deuxième Partie :

LES ACTIVITES MAITRESSES DU COUVENT Saint-Élie

2.1 Les composants du couvent Saint-Élie

La communauté du couvent Saint-Élie est réunie au nom du Christ. Elle est composée de membres appartenant des races et des pays différents pour former une seule famille. Chacun a ses défauts, son caractère, ses coutumes… mais nous nous entraidons dans l’amour mutuel et l’amour de Dieu. Le couvent est bien organisé. il est composé des Pères formateurs, des frères qui ont déjà fait la profession Temporaire ou Solennelle, d’un novice, d’un stagiaire, de la Communauté de l’Arbre de vie de Bangui.
Voyons cette communauté plus en détail :
Le Père Jacob ETTUMANOOKARN de la Province de Malabar (Inde), âgé de quarante huit ans, sa maturité, sa compétence et ses vertus l’ont conduit à avoir la charge de formateur plusieurs d’institutions religieuses, il est au couvent Saint-Élie comme Père supérieur, responsable de la maison et Père Maître des novices depuis trois ans, de plus il est professeur de morale au grand séminaire Saint Laurent.
Le Père Giulio âgé de soixante huit ans, Délégué Provincial en Centrafrique depuis deux ans, est Père Maître des étudiants, il est toujours souriant, généreux, mystique et fidèle dans la prière.
Le Père Carlo CENCIO, âgé de soixante-quatre, « un grand comédien et un animateur ». Il fait parti des premiers missionnaires Carmes qui se sont installés à la mission à Bozoum en 1971. Il appartient au groupe des formateurs du couvent Saint-Élie, aide la communauté en tout, comme il se dit : « Pauvre Serviteur », il est professeur de plusieurs matières au grand séminaire Saint Laurent.
Du côté des frères, il y a un frère de profession solennelle de sixième année, deux frères en cinquième année, deux frères de deuxième année, deux autres plus un frère de la communauté de l’Arbre de Vie en première année, un novice, un stagiaire italien de deuxième année de notre Province de Gênes et un postulant de la communauté de l’Arbre de vie.

2.2Les points centraux du couvent Saint-Élie

Dans notre couvent Saint-Élie, nous avons des points centraux qui nous ont donnés pour garder une confiance filiale en Dieu avec un désir toujours plus grandes de trouver en Lui notre accomplissement dans la paix et dans la joie intérieure. Voilà ces points qui nous aident dans notre communauté, sans pour autant négliger les autres :

2.2.1. La prière communautaire

Nous vivons dans une ambiance d’amour, dont le culte de la présence de Dieu est un des éléments le plus important dans notre vie intérieure. Dans notre couvent, nous voulons mettre en pratique ce que notre mère Thérèse nous a enseigné comme pilier de notre charisme ; c’est l’oraison que nous faisons chaque matin et chaque soir : nous avons deux heures de contemplation en la présence de Dieu…(qui nous permette de nous initier petit à petit à l’oraison du Carmel).
Nous avons encore d’autres prières, comme les laudes, l’office du milieu du jour, l’office des lectures, les vêpres et les complies. Avant de venir participer à ces prières, il y a une préparation intérieure par le silence, la lecture spirituelle, le chapelet…
Notre couvent Saint-Élie a une dimension communautaire de prière. Nous prions, non par discipline ni par ordre des supérieurs, mais parce que nous le voulons, en toute liberté. C’est ensemble que nous répondons à notre vocation.
Dans notre couvent a d’autres aspects visibles de la prière :
La liturgie de l’eucharistie ( la messe qui est le centre de notre vie de famille )
L’adoration, l’oraison participée, la méditation participée, la prédication).

2.2.2. Le travail manuel et intellectuel

Le travail est pour tout homme la condition sine qua non pour atteindre son autonomie. Dans notre maison d’étude, le travail nous permet de gagner notre pain quotidien par notre effort personnel avec les moyens que nous avons.
C’est dans ce but que nous avons limité une concession très grande, afin d’avoir une superficie qui convienne au travail manuel. Le travail dans notre couvent est réparti par le supérieur de la maison selon les capacités et la compétence de chaque frère dans un domaine de travail précis et déterminé. Chacun des frères met son intelligence, son savoir faire et sa bonne volonté à travailler comme il faut pour le service de la communauté. Le travail nous aide à devenir des hommes mûrs et responsables. Le travail est très important dans notre couvent Saint Elie. Ainsi nous collaborons avec Dieu à la création. Chaque jour nous avons une heure et trente minutes pour le travail pendant l’année scolaire et pendant les grandes vacances les heures sont plus nombreux. Le travail se présente ainsi : la charge annuelle, mensuelle, quotidienne et hebdomadaire.
Voici liste de services : chapelle, hôtellerie, bibliothèque, buanderie, jardin potager, verger, garage et manutention, pisciculture, élevage de pondeuses, fromagerie, formation des séminaristes et des servants, musique et chants, équipe liturgique et récréative, couture, magasin alimentaire et infirmerie…
L’intelligence est un don de Dieu, nous devons la cultiver chaque jour et la développer. Notre couvent est une maison d’étude. Le temps de formation comporte six ans d’étude ou plus, afin d’approfondir notre connaissance et notre intelligence de la théologie et de la philosophie.
Le travail intellectuel a pour but de former le jeune à avoir des bases de savoir solides pour le ministère sacerdotal. Il a toujours besoin de se former chaque jour par des lectures de livres, de journaux, de revues…. Dans notre couvent nous avons une heure et trente minutes consacrée à l’étude dans l’après- midi et la possibilité d’étudier pendant la nuit.
Nous avons plusieurs moyens qui nous aident à former notre connaissance intellectuelle, il y a un certain nombre des livres dans la bibliothèque qui nous permettent un travail de recherche. Nous y trouvons aussi de la lecture spirituelle, la radio pour l’information, des journaux, des revues et des vidéocassettes…

2.2.3. La récréation communautaire

Dans la vie communautaire, la récréation, la détente, le jeu ont une part importante. La détente nous aide à rester toujours en harmonie, de nous connaître davantage et dialoguer. C’est un temps qui est précieux pour partager ; la joie, c’est une occasion d’en faire l’expérience comme le dit le Psalmiste: « Qu’il est bon qu’il est doux d’habiter tous ensemble »7 , c’est le moment ou chacun des frères donne de la joie à l’autre, même s’il n’en a pas envie ; c’est en donnant la joie qu’on reçoit la joie en abondance. Dans notre couvent nous avons plusieurs manières de vivre la récréation communautaire. Elle se fait après le repas de chaque soir de lundi à dimanche.
Voilà les activités récréatives de notre couvent :
Les activités sportives : football, volley-ball, basket-ball, baby-foot…
Jeux organisé par le groupe récréatif : contes, chants, jeux intellectuels, le tournoi, danse, musique, théâtre…
A l’occasion des fêtes de Noël et de Pâques, il y a une promenade ou une sortie hors du couvent. La récréation a aussi pour but de faire oublier certains soucis.

2.3. Les engagements communautaires du couvent

2.3.1. L’horaire de la communauté

La ponctualité est très importante dans notre couvent, c’est un signe de respect, de délicatesse et d’amour dans tout nos actes. C’est pourquoi dans la maison, il y a partout des réveils dans les coins pour que nous puissions arriver à l’heure aux actes communautaires, comme la prière ou le travail. L’horaire nous aide aussi à bien organiser notre temps d’une façon intelligente, sans le gaspiller et l’utiliser comme il faut, c’est un don de Dieu.

2.3.2 Le silence communautaire

Le silence dans notre maison est un élément fondamental pour notre vie de prière, et un véritable culte de la présence de Dieu. Le silence forme notre cœur, car qu’il s’agit d’un silence extérieur et intérieur qui ne nuit pas, mais qu’il est plein de la présence de Dieu, pour vivre en intimité avec Jésus, non seulement pendant les temps consacrés à la prière ; ce silence est de rigueur dans tous les lieux du couvent, surtout à l’intérieur où il est strict. Le silence est exigé par les constitutions, c’est pour cette raison que toute la semaine nous ne parlons pas au réfectoire pendant le repas, sauf le jeudi et le dimanche qui sont les jours de récréation et le samedi soir et jour de Fête ou Solennités.

Au moment du repas de midi nous écoutons une lecture d’Ecriture Sainte et un livre sur un saint choisi par le père supérieur, et le soir nous écoutons une cassette religieuse ( chants ou commentaire sur la vie d’un Saint ). La constitution nous ordonne de garder le silence depuis la fin de complies jusqu’après prime du jour suivant. Pour le reste du temps, bien que l’observance du silence ne soit pas aussi rigoureuse, il est commandé de parler à voix basse. Car, ainsi qu’il est écrit et ne l’enseigne pas moins l’expérience : « L’abondance de paroles ne va pas sans offense qui retient ses lèvres est avisé»8 et dans l’Evangile le Seigneur dit : « De toute parole oiseuse qu’ils auront dite les hommes rendront compte au jour du jugement »9 , « Que chacun pèse donc ses paroles et mette un frein à sa bouche de peur qu’il ne glisse et tombe à cause de sa langue et que sa chute ne soit pas incurable et mortelle »10
Dans notre communauté le silence est gardé selon l’Esprit de la Règle, avec diligence et précaution, pour protéger et nourrir notre vie, favoriser le travail de chacun des frères en solitude.

2.4. Les engagements annuels

Les engagements annuels dans notre maison ont besoin de structures, d’une discipline, d’un règlement. Chaque année la communauté doit décider et prendre des engagements qui sont comme l’ossature et la chair du corps. Nous avons pris des engagements qui nous aident à vivre notre vie de sanctification :
1Tous les soirs de l’année ( à l’exception des solennités ) le lundi, le mercredi et le vendredi ; nous chantons le « Miserere » en nous tenant debout les bras étendues en forme de croix.
2Tous les vendredis soir, nous jeûnons depuis la fête de l’exaltation de la croix (14 septembre) jusqu’à la fête de Pâque et après Pâque nous cessons de jeûner.
3Tous les vendredis soir, à lieu de famille ou la méditation participée ou l’oraison participée et la correction fraternelle.
4Pendant le carême, nous jeûnons le mardi et le vendredi soir aussi que la veille de certaines fêtes des Saints de l’Ordre du Carmel à midi.
5La neuvaine est obligatoire pour la solennité de Notre Dame du Mont Carmel, de Sainte Thérèse d’Avila, de Saint Joseph, et de Saint Jean de la croix.
6Triduum : pour la fête de sainte Thérèse de Lisieux, de Saint Joseph et de Saint Elie.
7Tous les vendredis de l’année nous n’avons pas de fruits à la table.
Au temps du carême et de Pâques le samedi à 24 h, se fait la prière des l’office des lectures et l’oraison.



Troisième Partie :

LE PROJET DE VIE DES FRERES

3.1. Les origines de notre vocation

Les frères du couvent Saint Elie sont de l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel. Ils appartiennent à une famille religieuse qui a reçu dans le peuple de Dieu un charisme propre, et qui dans le corps mystique du Christ une fonction particulière.
Nous sommes rassemblés dans ce couvent par une vocation personnelle et, vu qu’elle se présente comme une expression rénovée d’un Ordre Ancien, elle unit la fidélité à l’égard de l’esprit et de la tradition du Carmel à la volonté d’une incessante rénovation.
Notre Mère Thérèse nous a légué ces deux choses comme un testament, nous les rappelons et nous accordons une écoute docile à l’appel de Dieu, nous sommes vraiment unis à l’esprit et à la vie de nos prédécesseurs et nous exprimons la fidélité et la continuité l’existence avec cette famille naissante en Centrafrique. Ainsi nous considérons les actes de nos « Saints Parents » non seulement comme du passé, mais comme une vivante esquisse et une préparation providentielle de notre genre de vie dans l’Eglise.
En choisissant en effet la Bienheureuse Vierge Marie comme Mère et Patronne de l’Ordre, nous regardons sa vie intérieure et son union au mystère du Christ comme le modèle admirable de la consécration religieuse.
Parmi les hommes bibliques dignes de vénération, nous honorons spécialement le prophète Elie, contemplant le Dieu vivant, et brûlant de zèle pour la gloire de Dieu ; nous le vénérons comme inspirateur du Carmel et nous considérons son charisme prophétique comme modèle de notre vocation.
Notre genre de vie est instauré et observé sous forme érémitique ; il fut solennellement accepté et approuvé par l’Eglise.

3.2. Les éléments majeurs de notre vocation

Les éléments majeurs de notre vocation se dégagent dans le charisme de Sainte Thérèse que nous professons :
1-Les éléments majeurs de notre vocation sont établis dans la vie religieuse dans la « dépendance de Jésus-Christ »11, appuyés sur la compagnie , l’imitation et la protection de la Vierge Marie.
2-Ils consistent dans la grâce par laquelle nous sommes poussés, dans une fraternelle communion de vie, vers « l’union secrète avec Dieu »12
3-Nous mettons sans cesse en pratique les lois du Seigneur, par la vie contemplative et active ou apostolique au service de l’Eglise.
4-Nous sommes appelés à l’oraison qui nous conduit par l’écoute de la parole de Dieu et par la liturgie, à la conversation amicale avec Dieu, non seulement dans la prière, mais dans la vie entière.
5-Nous appartenons au contenu même de notre charisme, que nous animons, par une intention apostolique ; nous collaborons de diverses manières au service des hommes, pour qu’effectivement l’action apostolique procède de l’union intime au Christ.
6-Nous nous rassemblons dans une communion fraternelle et nous nous efforçons d’accomplir ces œuvres, la contemplation et l’action. Nous rendons témoignage à l’unité de l’Eglise par notre communion de vie dans les liens de charité.
7-Nous nous efforçons d’établir une manière de vivre qui, soutenue par l’abnégation évangélique, soit conforme à la Règle et à la doctrine de nos Saints Parents.
Nous sommes guidés par le même souci, nous embrassons, comme Règle suprême de vie, la marche à la suite du Christ, comme l’évangile nous le propose, et nous professons la Règle de Saint Albert de Jérusalem, confirmée par Innocent IV, selon les présentes constitutions
Notre action dérive immédiatement de cette de contemplation ; elle se caractérise par la direction spirituelle avec tout ce que celle-ci comporte. Notre action dans le couvent s’exerce de façon courante dans la direction individuelle et la confession, dans les retraites et les récollections ; mais une mention spéciale doit être faite des « Ecoles d’Oraisons » qui ne sont ni retraites ni récollections. L’école d’oraison consiste en une série d’instructions ou conférences espacées au long d’une saison sur un thème particulier. La formation des séminaristes de la Yolé, des enfants de chœurs, et la prêche de la messe du dimanche font partie de notre apostolat.
Notre apostolat dans l’Eglise concerne l’enseignement aux moniales de l’ordre. Ce fut là le dessein de notre Mère Thérèse, quand elle restaurait la famille des frères Carmes Déchaux. Dans notre maison d’étude, le rôle apostolique a une grande importance ; cet apostolat particulier a été mis en œuvre sans oublier personne.

3.3. La vision du Carmel en Centrafrique

Nous avons une vision optimiste du Carmel en R.C.A, à travers un progrès très lent et laborieux; le but est de former une Province carmelitaine, composée au moins de la majorité des religieux Carmes Centrafricains. Il faudra encore plusieurs années de sacrifices.
Le Carmel en Centrafrique doit exister, selon la Règle et les Constitutions qui ont été établies en Espagne au XVIè siècle avec Saint Thérèse et saint Jean de la croix. A notre humble avis, le Carmel implanté en terre Centrafricaine par les Carmes Déchaux de la Province de Gênes veut former des Carmes Centrafricains dignes de l’esprit de Thérèse, notre mère réformatrice. Tout en préservant le fondement de notre spiritualité, de notre charisme, le Carmel tient compte des circonstances du milieu local.
Il ne peut se réaliser pleinement sans la contribution et la collaboration des Carmes autochtones. Raison pour laquelle il faut une véritable relation entre les formateurs et les formés. Ce lien réciproque doit se baser sur l’amour dans la perspective de bâtir un Carmel Thérèsien en Centrafrique. En outre les autochtones se sentent comme des frères de la même famille afin d’assurer la responsabilité pour l'avenir.
L’inculturation du Carmel en Centrafrique doit se faire par les Carmes Centrafricains sages et saints selon l’esprit qu’ils ont bien assimilé de la tradition qui remonte au couvent de la Province de Gênes. Il est toujours dit « qui apprend à nager peut devenir un bon nageur ».
La vision du Carmel en Centrafrique n’est pas pessimiste. Le Carmel est appelé à un rôle très important dans l’Eglise centrafricaine. Mais il ne réussira dans ce rôle que s’il a réussi la formation des futurs Carmes Centrafricains. D’où la nécessité que ceux-ci soignent leur formation spirituelle et intellectuelle.
Cependant, le Carmel doit affronter, voire, adapter la formation aux réalités contemporaines du pays. Qu’on ne fasse pas des futurs Carmes une classe d’élite inabordable, mais de vrais fils du pays capable de répondre jusqu’au fin fond du pays la parole de Dieu.

3.4. Les suggestions pour le Carmel en R.C.A

La suggestion la plus importante concernant le Carmel en Centrafrique : être fidèle au charisme Thérèsien par la prière et la contemplation pour continuelle.
Il faut aussi que les jeunes frères carmes Centrafricains soient conscients de ce qu’ils font et acceptent ce qu’on propose de bon cœur sans rester indifférents, en ayant les yeux ouverts et en faisant des propositions sur le plan spirituel, économique, manuel (travail), intellectuel et vocationnel. Quand on forme, on forme sur tous les plans possibles.
Il faut entrer un peu dans le regard théologal. Il ne nous revient pas de nous préoccuper de l’avenir du Carmel en Centrafrique. Certes, nous devons l’entretenir comme un jardinier se montre garant de son jardin afin de le faire fructifier. Il convient de répondre « oui » à l’appel de Dieu, jour après jour. L’Esprit Saint fera les reste. Notre « oui » quotidien n’est autre chose que de vivre conformément à la Règle et aux Constitutions de notre Ordre. Soyons donc habiles à mener cette vie mixte ( Contemplation et action).
Nous pouvons souhaiter que le Carmel en Centrafrique tienne bon et nous saurons nous mettre au travail en tout domaine. Que chaque frère contribue avec son charisme, ses talents ses capacités…
Et par dessus tout, nous suggérons que le Carmel s’implique plus davantage dans les réalisations diocésaines, dans son rôle le plus spécifique, l’animation de la vie spirituelle. Cette animation ne doit pas se limiter a une élite, mais a tous les chrétiens. Que là où il y a les curés, les Carmes se donnent bien plus au souci de la vie spirituelle de leur chrétiens.

3.5. Les difficultés de l’étudiant

Dans une maison de formation, il ne manque pas de difficultés ; les plus grosses sont au niveau de la maison d’études Inter Congrégations. La structure est encore fragile, il faudrait la solidifier depuis le « rectorat » jusqu’au « manuel ». En effet il existe pas mal de failles dans notre formation et c’est une nécessité que la Maison d’étude soit liée a un Institut Pontificale, cela pour permettre une rotation des professeurs.
Ce qui nous manque le plus, a sont des professeurs qualifiés. Il en existe très peu dans notre « Maison d’étude ». Il est vrai que bon nombre possèdent bien la matière, mais manquent de méthode de transmission, d’où l’énorme difficultés pour ceux qui atterrissent chez nous. Ils ont du mal à comprendre l’enseignement.
Nous souhaitons aussi que la possibilité soit donnée aux étudiants de s’exprimer beaucoup plus, face à la direction, aux professeurs, entre les étudiants et face au monde par une revue ou un journal…Nous espérons que d’ici peu tout sera mis en ordre pour favoriser le décollage de notre Maison d’étude .

Conclusion

Le couvent Saint Elie est une Maison d’étude qui est fondée par les Pères Carmes d’Italie de la Province de Gênes en 1995 à Bouar-Herman; dans la Préfecture de la Nana-Mambéré. Il est comme le premier couvent des Carmes en Centrafrique.
Il a pour but ; de former les futurs religieux Carmes Centrafricains autochtones, capables d’écouter, de comprendre et d’aider le peuple de Dieu dans son pèlerinage de foi.
Cette Maison d’étude compte sept ans de formation et une année de stage ; avec préparation sérieuse à la philosophie et à la théologie ; qui sont à la base de la prêtrise . C’est pourquoi nous, les jeunes frères Carmes Centrafricains devons etre préparés de façon adéquate à cette tâche spécifique et nous devons sentir que nous sommes une partie vitale de l’Eglise en « communion » avec elle.
Notre but dans cette petite monographie scientifique est de faire un peu la description de notre couvent Saint Elie qui vient de naître, il y a six ans à Bouar ; pour ceux qui n’ont jamais vu cette Maison d’étude ou qui n’ont pas encore entendu le nom de ce couvent. Cette monographie leur permet d’avoir une vision claire, de ce couvent existant dans la Préfecture de Nana-Mambéré.
C’est un couvent qui est encore fragile dans son existence et qui a peu de frères mais, qui avec bonne volonté, désirent progresser dans l’amour de Dieu et la vocation carmelitaine en R.C.A. Nous souhaiterions, dans quelques années , avoir des Pères Carmes Centrafricains.
Notre travail de recherche scientifique dans le cadre de la Méthodologie ne fournit pas une ample descriptions sur le thème, c’est pourquoi nous souhaiterions que d’autres recherches soient encouragées afin d’enrichir un des jalons que constitue le Couvent Saint-Élie à Bouar.



Brak komentarzy: