
Premier Centenaire
de la mort de saint Raphaël Kalinowski
(1830-1907)
BOUAR – RCA – COUVENT ST. ELIE
de la mort de saint Raphaël Kalinowski
(1830-1907)
BOUAR – RCA – COUVENT ST. ELIE
Jeunesse du père R. Kalinowski, ocd
Joseph Kalinowski naquit à VILNA en LITUANIE le 1er septembre 1835 dans une famille catholique. Deuxième fils d'André Kalinowski et de Joséphine Polonska, sa maman meurt quelques semaines après la naissance de Joseph. Le père de Joseph marie en secondes noces la soeur de sa première épouse qui lui donne trois enfants. Après neuf ans de mariage, André Kalinowski perd sa seconde épouse. Il contractera un troisième mariage avec Sophie Puttkamer de qui naîtront quatre autres enfants. Cette troisième mère eut sur Joseph une grande influence lorsque celui-ci fut éprouvé par une crise religieuse lors de ses études à l'Académie militaire de Saint-Pétersbourg.
Il faut préciser ici que la Pologne et la Lituanie étaient liées entre elles par une union fédérale signée à KREWNO en 1385. Opprimés par la Russie depuis 1772, les tsars firent fermer les universités de Pologne et de Lituanie et les étudiants étaient contraints d'étudier dans les universités de Russie. C'est ainsi que Joseph s'orienta vers les sciences exactes à l'École de Génie militaire à Saint-Pétersbourg. Ses études terminées en 1857, il reçoit le grade d'ingénieur-lieutenant. Par la suite, il exerce pendant quelques temps sa profession d'ingénieur dans une région solitaire de Russie, à Kursk. Par la profonde solitude du lieu, par la lecture du livre des Confessions de Saint Augustin et d'un petit livre de piété mariale, s'amorce chez lui une profonde conversion. Il dira : « Je regarde la vie maintenant avec plus de calme, et ses plaisirs ont perdu pour moi beaucoup de leurs charmes. »
Par la suite, il sera assigné à Brest, en Pologne, où il découvrira la persécution que les tsars russes infligeaient aux catholiques de Pologne et de Lituanie. Le catholicisme pour ces peuples opprimés était identifié à ce qui était national. Il fallait à tout prix « russifier ces peuples ». C'est ainsi que Joseph Kalinowski quitte l'armée russe à laquelle il appartenait pour se consacrer à la défense de sa nation.
Vers la liberté de la patrie
Joseph Kalinowski participe à l'Insurrection polonaise de janvier 1863 contre la puissance militaire russe sachant d'emblée que cette insurrection ne pouvait qu'échouer. Le 24 mars 1864, Joseph est arrêté par le gouvernement russe et condamné à mort mais sa peine fut commuée à dix ans de travaux forcés en Sibérie. Le 29 juin 1864, avec plusieurs compatriotes, il quitte Vilna pour la Sibérie. La déportation dure dix mois et est empreinte de grandes souffrances. Joseph se comporte envers ses compagnons de misère avec une très grande charité. Il puise la force de supporter les souffrances dans la prière. Il écrira lui-même :
« Le monde peut me priver de tout, mais il me restera toujours un lieu caché qui lui est inaccessible : la prière! En elle, on peut recueillir le passé, le présent et l'avenir et les placer sous le signe de l'espérance. Oh Dieu, quel grand trésor tu accordes à ceux qui espèrent en toi. »
C'est durant cette longue période d'exil en Sibérie qu'il se sent appelé au sacerdoce. Après dix ans d'exil, Joseph K. est libéré le 2 février 1874. Il pouvait s'établir en Pologne mais n'avait pas le droit de retourner en Lituanie, sa terre natale.
À son retour d'exil, Joseph Kalinowski, reconnu pour ses qualités d'éducateur à la foi profonde, est sollicité pour devenir précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, âgé de 16 ans. C'est à Cracovie en Pologne à l'automne 1874 qu'il rencontre pour la première fois le prince Auguste mais aussi sa tante, jadis princesse, devenue religieuse carmélite déchaussée du nom de Marie-Xavière de Jésus. Or, cette religieuse carmélite, après avoir sollicité pendant longtemps la prière dans d'autres monastères afin que le Seigneur envoie celui qui favoriserait le développement de l'Ordre du Carmel en Pologne, reconnaît en Joseph Kalinowski la personne toute désignée pour cette mission. Il fallait donc prier dorénavant pour la vocation au Carmel de Joseph K. Pendant un peu plus de deux ans, Joseph s'occupe de l'éducation du prince Auguste à Paris. À l'automne 1876, il avoue dans une lettre adressée à sa famille, son désir profond de se consacrer au Seigneur dans l'Ordre du Carmel. À l'été 1877, il prend congé du jeune prince Auguste et se rend en Autriche à LINZ pour rencontrer le provincial des Carmes Déchaux de la province austro-hongroise à laquelle était rattaché l'unique couvent carmélitain de Pologne à CZERNA, près de Cracovie. Le 15 juillet 1877, Joseph Kalinowski entre au noviciat des Carmes Déchaux à GRAZ en Autriche; il est âgé de 42 ans. On lui donne le nom de RAPHAËL DE SAINT JOSEPH. Il prononce ses premiers voeux le 26 novembre 1878 et est envoyé au couvent de RAAB en Hongrie pour y effectuer ses études de philosophie et de théologie. Le 27 novembre 1881, il prononce ses voeux solennels et est envoyé en Pologne au couvent de CZERNA. Il sera ordonné prêtre en 1882 à l'âge de 46 ans. Dès l'année 1883, il devient prieur de ce couvent. C'est de la communauté de CZERNA que refleurira le Carmel masculin en Pologne.
Saint Raphaël Kalinowski À l'œuvre pour restaurer le Carmel de Pologne
Le ministère du père Raphaël de Saint Joseph sera de plus en plus fécond. Vicaire provincial et visiteur des monastères de carmélites, il sera leur confesseur et leur directeur spirituel. De plus, il est le promoteur de deux fondations de monastères de carmélites dont un en Ukraine. Encouragé par le père général de l'Ordre du Carmel, le père Gotti, il fonde un couvent masculin à WADOWICE et un petit séminaire dont le but est de former des garçons qui ont un attrait vocationnel pour le Carmel. Son ministère rejoint aussi les fidèles laïcs en organisant le Tiers-Ordre séculier et la Confraternité du Carmel. Il aura aussi le souci de recouvrer les archives conventuelles du passé, dispersées lors des suppressions des monastères. De nombreux documents relatant l'histoire des anciens couvents seront retrouvés et publiés sous le titre : « Chroniques Carmélitaines ». Plusieurs ouvrages carmélitains seront aussi publiés grâce à son initiative.
Le père Raphaël de Saint Joseph sera le « restaurateur du Carmel polonais » non seulement par ses fondations et initiatives diverses contribuant à l'essor du Carmel en Pologne, mais surtout par sa vie d'union à Dieu, soutenue par l'oraison, le recueillement, le silence et l'austérité de vie. Il dira lui-même :
Notre tâche principale au Carmel est de converser avec Dieu en toutes nos actions.
Entrer dans la vie
Il meurt à l'âge de 72 ans au couvent de WADOWICE, le 15 novembre 1907, jour de la commémoraison de tous les défunts de l'Ordre du Carmel.
Le père Raphaël Kalinowski fut béatifié à Cracovie le 22 juin 1983 par le pape Jean Paul II, pape polonais originaire de la ville de WADOWICE où mourut le serviteur de Dieu. La canonisation du bienheureux Raphaël Kalinowski eut lieu à Rome le 17 novembre 1992 sous le pontificat de Jean Paul 11. Saint Raphaël Kalinowski est inscrit au calendrier des saints en date du 19 novembre.
1835Naissance à Vilna 1864Exil en Sibérie 1874Précepteur du prince Auguste 1877Entrée chez les carmes 1882Ordonné prêtre 1992Canonisation...
Joseph Kalinowski naquit à VILNA en LITUANIE le 1er septembre 1835 dans une famille catholique. Deuxième fils d'André Kalinowski et de Joséphine Polonska, sa maman meurt quelques semaines après la naissance de Joseph. Le père de Joseph marie en secondes noces la soeur de sa première épouse qui lui donne trois enfants. Après neuf ans de mariage, André Kalinowski perd sa seconde épouse. Il contractera un troisième mariage avec Sophie Puttkamer de qui naîtront quatre autres enfants. Cette troisième mère eut sur Joseph une grande influence lorsque celui-ci fut éprouvé par une crise religieuse lors de ses études à l'Académie militaire de Saint-Pétersbourg.
Il faut préciser ici que la Pologne et la Lituanie étaient liées entre elles par une union fédérale signée à KREWNO en 1385. Opprimés par la Russie depuis 1772, les tsars firent fermer les universités de Pologne et de Lituanie et les étudiants étaient contraints d'étudier dans les universités de Russie. C'est ainsi que Joseph s'orienta vers les sciences exactes à l'École de Génie militaire à Saint-Pétersbourg. Ses études terminées en 1857, il reçoit le grade d'ingénieur-lieutenant. Par la suite, il exerce pendant quelques temps sa profession d'ingénieur dans une région solitaire de Russie, à Kursk. Par la profonde solitude du lieu, par la lecture du livre des Confessions de Saint Augustin et d'un petit livre de piété mariale, s'amorce chez lui une profonde conversion. Il dira : « Je regarde la vie maintenant avec plus de calme, et ses plaisirs ont perdu pour moi beaucoup de leurs charmes. »
Par la suite, il sera assigné à Brest, en Pologne, où il découvrira la persécution que les tsars russes infligeaient aux catholiques de Pologne et de Lituanie. Le catholicisme pour ces peuples opprimés était identifié à ce qui était national. Il fallait à tout prix « russifier ces peuples ». C'est ainsi que Joseph Kalinowski quitte l'armée russe à laquelle il appartenait pour se consacrer à la défense de sa nation.
Vers la liberté de la patrie
Joseph Kalinowski participe à l'Insurrection polonaise de janvier 1863 contre la puissance militaire russe sachant d'emblée que cette insurrection ne pouvait qu'échouer. Le 24 mars 1864, Joseph est arrêté par le gouvernement russe et condamné à mort mais sa peine fut commuée à dix ans de travaux forcés en Sibérie. Le 29 juin 1864, avec plusieurs compatriotes, il quitte Vilna pour la Sibérie. La déportation dure dix mois et est empreinte de grandes souffrances. Joseph se comporte envers ses compagnons de misère avec une très grande charité. Il puise la force de supporter les souffrances dans la prière. Il écrira lui-même :
« Le monde peut me priver de tout, mais il me restera toujours un lieu caché qui lui est inaccessible : la prière! En elle, on peut recueillir le passé, le présent et l'avenir et les placer sous le signe de l'espérance. Oh Dieu, quel grand trésor tu accordes à ceux qui espèrent en toi. »
C'est durant cette longue période d'exil en Sibérie qu'il se sent appelé au sacerdoce. Après dix ans d'exil, Joseph K. est libéré le 2 février 1874. Il pouvait s'établir en Pologne mais n'avait pas le droit de retourner en Lituanie, sa terre natale.
À son retour d'exil, Joseph Kalinowski, reconnu pour ses qualités d'éducateur à la foi profonde, est sollicité pour devenir précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, âgé de 16 ans. C'est à Cracovie en Pologne à l'automne 1874 qu'il rencontre pour la première fois le prince Auguste mais aussi sa tante, jadis princesse, devenue religieuse carmélite déchaussée du nom de Marie-Xavière de Jésus. Or, cette religieuse carmélite, après avoir sollicité pendant longtemps la prière dans d'autres monastères afin que le Seigneur envoie celui qui favoriserait le développement de l'Ordre du Carmel en Pologne, reconnaît en Joseph Kalinowski la personne toute désignée pour cette mission. Il fallait donc prier dorénavant pour la vocation au Carmel de Joseph K. Pendant un peu plus de deux ans, Joseph s'occupe de l'éducation du prince Auguste à Paris. À l'automne 1876, il avoue dans une lettre adressée à sa famille, son désir profond de se consacrer au Seigneur dans l'Ordre du Carmel. À l'été 1877, il prend congé du jeune prince Auguste et se rend en Autriche à LINZ pour rencontrer le provincial des Carmes Déchaux de la province austro-hongroise à laquelle était rattaché l'unique couvent carmélitain de Pologne à CZERNA, près de Cracovie. Le 15 juillet 1877, Joseph Kalinowski entre au noviciat des Carmes Déchaux à GRAZ en Autriche; il est âgé de 42 ans. On lui donne le nom de RAPHAËL DE SAINT JOSEPH. Il prononce ses premiers voeux le 26 novembre 1878 et est envoyé au couvent de RAAB en Hongrie pour y effectuer ses études de philosophie et de théologie. Le 27 novembre 1881, il prononce ses voeux solennels et est envoyé en Pologne au couvent de CZERNA. Il sera ordonné prêtre en 1882 à l'âge de 46 ans. Dès l'année 1883, il devient prieur de ce couvent. C'est de la communauté de CZERNA que refleurira le Carmel masculin en Pologne.
Saint Raphaël Kalinowski À l'œuvre pour restaurer le Carmel de Pologne
Le ministère du père Raphaël de Saint Joseph sera de plus en plus fécond. Vicaire provincial et visiteur des monastères de carmélites, il sera leur confesseur et leur directeur spirituel. De plus, il est le promoteur de deux fondations de monastères de carmélites dont un en Ukraine. Encouragé par le père général de l'Ordre du Carmel, le père Gotti, il fonde un couvent masculin à WADOWICE et un petit séminaire dont le but est de former des garçons qui ont un attrait vocationnel pour le Carmel. Son ministère rejoint aussi les fidèles laïcs en organisant le Tiers-Ordre séculier et la Confraternité du Carmel. Il aura aussi le souci de recouvrer les archives conventuelles du passé, dispersées lors des suppressions des monastères. De nombreux documents relatant l'histoire des anciens couvents seront retrouvés et publiés sous le titre : « Chroniques Carmélitaines ». Plusieurs ouvrages carmélitains seront aussi publiés grâce à son initiative.
Le père Raphaël de Saint Joseph sera le « restaurateur du Carmel polonais » non seulement par ses fondations et initiatives diverses contribuant à l'essor du Carmel en Pologne, mais surtout par sa vie d'union à Dieu, soutenue par l'oraison, le recueillement, le silence et l'austérité de vie. Il dira lui-même :
Notre tâche principale au Carmel est de converser avec Dieu en toutes nos actions.
Entrer dans la vie
Il meurt à l'âge de 72 ans au couvent de WADOWICE, le 15 novembre 1907, jour de la commémoraison de tous les défunts de l'Ordre du Carmel.
Le père Raphaël Kalinowski fut béatifié à Cracovie le 22 juin 1983 par le pape Jean Paul II, pape polonais originaire de la ville de WADOWICE où mourut le serviteur de Dieu. La canonisation du bienheureux Raphaël Kalinowski eut lieu à Rome le 17 novembre 1992 sous le pontificat de Jean Paul 11. Saint Raphaël Kalinowski est inscrit au calendrier des saints en date du 19 novembre.
Chronologie de vie de Saint Raphaël Kalinowski
1835Naissance à Vilna 1864Exil en Sibérie 1874Précepteur du prince Auguste 1877Entrée chez les carmes 1882Ordonné prêtre 1992Canonisation...
Notre tâche principale au Carmel est
de converser avec Dieu en toutes nos actions.

de converser avec Dieu en toutes nos actions.

http://my.opera.com/fryderykocd/albums/show.dml?id=420874
Lettre du Préposé Général
aux Provinces de Cracovie et Varsovie
pour le premier Centenaire de la mort
de saint Raphaël Kalinowski
aux Provinces de Cracovie et Varsovie
pour le premier Centenaire de la mort
de saint Raphaël Kalinowski
(1907 - 2007)
PERCEVOIR LA MISSION ET L’ACCOMPLIR FIDÈLEMENT
Chers Frères et Soeurs du Carmel thérésien,
Nous fêtons cette année le centième anniversaire de la mort de Raphaël de Saint Joseph (Josef Kalinowski) et vous célébrez cet événement par diverses initiatives culturelles et spirituelles. Je tiens à m’unir à vos célébrations par cette lettre dont le message sera porté à la connaissance de l’Ordre tout entier.
Le carme de cœur et d’esprit que fut saint Raphaël Kalinowski est né à Vilna le 1er septembre 1835 et retourna chez le Dieu de la Vie le 15 novembre 1907 à Wadowice. Il fut inscrit sur la liste des saints par le Pape Jean-Paul II le 17 novembre 1991, au cours de l’Eucharistie célébrée dans la basilique Saint-Pierre, à Rome. Sa sainteté confirmée par l’Église nous assure qu’il a découvert et réalisé pleinement la mission qui lui a été confiée par la Providence divine. Et pour nous, ceci veut dire que nous pouvons et devons avoir confiance, car tout en tenant compte des obstacles et des erreurs toujours possibles, nous pouvons, atteindre les objectifs que le Seigneur a prévus pour nous dans sa bonté, et qu’il nous précise constamment.
Les saints nous sont accessibles à tout moment, sans aucune limite de lieu ni de temps. Cependant les célébrations d’anniversaires constituent des occasions uniques lorsque la communauté fixant son regard sur un saint, se laisse inspirer et interpeller par celui-ci et est disposée à réentendre les appels qui touchent à sa propre identité et à sa propre mission.
Le témoignage et l’enseignement de Jésus-Christ sur la dignité de la personne humaine et sa vocation éternelle à la vie de communion avec la Sainte Trinité assurent à l’Église, et donc à chacun de nous, une référence certaine et permanente au milieu des évènements toujours changeants de l’histoire de l’humanité. Notre vie se réalise à travers notre mission de transformer et d’améliorer le monde, physiquement et spirituellement, afin que celui-ci devienne la demeure accueillante où l’humanité entière pourra grandir dans la communion.
« Nous ne devons pas en douter: dans sa miséricorde, Dieu a prévu pour chacun un devoir à remplir en ce monde. Si donc tu veux devenir un saint, si tu veux devenir parfait, sois toujours fidèle dans l’accomplissement de tes devoirs » (saint Raphaël Kalinowski).
Durant sa vie mouvementée, il ne put disposer de réponses toutes faites aux interrogations qui l’assaillaient sur la valeur de la souffrance causée par la déportation en Sibérie ou par l’éloignement de ses êtres chers, sur la profonde crise de foi qui le tint étranger à la vie de l’Église durant un certain temps, sur les épreuves humaines déchirantes qu’il dut affronter en exil et partout, sur l’avenir souvent incertain de sa propre nation. Loin de sombrer cependant dans la passivité, il chercha toujours la lumière, aussi bien au plus intime de lui-même que dans les évènements, afin d’y discerner les signes et les appels.
Ce comportement humble et attentif lui donna de percevoir les défis qui surgissaient dans sa propre vie et à travers lesquels il expérimentait graduellement l’aide de Dieu comme lumière et force pour accomplir le bien : une forte impulsion intérieure à faire du bien à tous, à secourir ceux qui étaient désemparés, à encourager ceux qui désespéraient, à redonner dignité humaine par l’éducation, à partager les quelques biens dont il disposait.
Saint Raphaël Kalinowski fut un éducateur né. Il le fut par instinct dans ses milieux de travail et de déportation, puis comme précepteur privé, et encore au Petit Séminaire de Wadowice, dont il fut le fondateur. Ce charisme et le don naturel de bien accueillir les personnes et de les accompagner avec empathie dans leur croissance humaine et spirituelle, sont particulièrement mis en œuvre dans son ministère de confesseur et de direction spirituelle. Ministre averti de la miséricorde divine, il recevait ses pénitents avec affection, douceur et zèle.
A travers les évènements de sa vie mouvementée, il eut à expérimenter de diverses façons la division des chrétiens, le triste sort de ceux qui sont discriminés et persécutés, à tel point qu’il y voyait “le plus grand ennemi de notre société”. Il entra au Carmel pour servir le Christ et travailler à l’unité de l’Église, intention qui devait l’accompagner jusqu’en ses dernières années.
« [Le bon Dieu] …dans sa grâce, me permettra, au Carmel de Notre-Dame, de travailler encore pour l’unité de l’Église ». « L’unité sacrée ! L’union sainte ! Ces simples paroles remplissent le cœur de douleur, mais elles allument en même temps la flamme de l’espérance ».
Je désire souligner comment il prit à coeur la restauration de la Province polonaise de l’Ordre, si florissante aux temps passés, et qui avait donné naissance à la Province de Lituanie. Il fallait alors promouvoir de nouvelles fondations; mais pour lui, une restauration authentique et profonde n’exigeait pas moins qu’une récupération de la mémoire du passé. Aussi s’ingénia-t-il à retrouver et sauver les documents, ainsi qu’à publier les chroniques de certains monastères et couvents. De la même manière, afin d’enraciner le Carmel et sa spiritualité, afin surtout de répondre aux besoins spirituels du peuple, il voyait le besoin de faire connaître l’histoire et les figures les plus marquantes du Carmel polonais. Bien que modestement, il est un représentant de la tradition de l’édition dans notre Ordre. De plus, entre autres initiatives, il organisa pour les laïcs le Carmel Séculier et les Confraternités.
Chacun sait comment, jeune homme mûr, il fut un vrai patriote pour sa patrie alors rayée de la carte des nations. Opposé au versement du sang, parce que convaincu que sa patrie « avait bien plus besoin de la sueur que la perte de sang qu’on n’avait que trop versé », il voulut collaborer activement à l’insurrection dans l’intention de sauver des vies humaines. C’est pourquoi il fut arrêté, puis condamné à la peine capitale, commuée ensuite en une peine de dix ans de travaux forcés en Sibérie. Je rappelle ces faits bien connus afin de souligner encore son comportement humain et évangélique, et de montrer qu’il ne renonça jamais à ses convictions pour tout ce qui touchait à la justice en matière de droits des peuples, convictions qu’il intégrait à son désir pour l’union entre les peuples, et plus encore à son désir de communion avec Dieu dans la prière et dans l’éternité.
Sa vie a été dramatique, et par les événements extérieurs auxquels elle s’est trouvée mêlée, et pas moins par le cheminement intérieur parcouru par notre saint. Son activité diversifiée et intense, son dévouement pour les autres, constant et attentif, jusqu’au bout, trouvaient leur source et leur unité mystérieuse dans l’Eucharistie et le sacrement de la réconciliation, dans une dévotion filiale à Marie, et dans la prière silencieuse continuelle.
Pour mener à bien la mission qui nous est confiée durant notre vie, il faut être attentif aux appels qui jaillissent de la conscience chrétienne qui prend en compte les situations sociales, culturelles et religieuses de notre histoire concrète. Il est certain aussi que la mission confiée ne peut être exempte de souffrance et exige un sacrifice spirituel. Cette capacité indique précisément l’authenticité de nos sentiments et de nos intentions. Il s‘agira alors d’une souffrance assumée et pacifiée dans la prière.
Je crois que, dans notre monde de changements rapides et profonds, de dissensions et de drames, la connaissance et la méditation orante du message de saint Raphaël Kalinowski sont pour nous un stimulant pour saisir et reconsidérer dans la vérité et la joie notre appel à vivre dans la tradition du Carmel. Son courage dans sa quête, sa persévérance, son attitude de compréhension et de compassion, son regard attentif aux nécessités proches, l’unité vécue comme naturellement entre contemplation et action, voilà quelques traits particuliers de l’héritage qu’il nous laisse.
2. En l'an 2007 sera célébrée, au Carmel de Pologne, une année dédiée à Saint Raphaël Kalinowski. Le 15 novembre 2007, nous fêterons le centième anniversaire de la mort de ce grand saint religieux, fils de la Pologne et du Carmel. Ce grand anniversaire nous invite à regarder de nouveau le témoignage de vie de ce saint carme, et surtout du message que Dieu envoie à l'humanité à travers sa personne.
Joseph Kalinowski naquit le 1er Septembre 1835 à Vilnius (Lituanie). Il reçut une éducation familiale et une formation intellectuelle sérieuse pour devenir ingénieur au sein de l'armée. Au commencement de l'Insurrection polonaise (Janvier 1863) contre la Russie, il rejoignit les insurgés pour devenir un de leurs chefs. Arrêté le 24 mars 1864 par le gouvernement russe, il fut condamné à mort. Mais sa peine fut commuée en dix ans de travaux forcés en Sibérie. A son retour d'exil, Joseph Kalinowski devint précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, futur bienheureux. En 1877, il entra au couvent des carmes déchaux et reçut le nom de Raphaël de Saint Joseph. Il fut ordonné en 1882 à Czerna (lire tcherna) près de Cracovie. Se dépensant tout entiers au cours sa vie de prêtre et de religieux, il confessa et accompagna spirituellement sans compter. C'est ainsi qu'il rétablit le Carmel déchaussé en Pologne et mourut à Wadowice (lire Vadovitsè).
3. Dieu donne des saints et le devoir de l'Eglise est de reconnaître leur perpétuelle grandeur et mission. En 1983, le Saint Père Jean Paul II, au cours de son deuxième pèlerinage en Pologne, a présenté le Père Raphaël au peuple de Dieu et au monde entier en l'élevant parmi les bienheureux au cours d'une messe à Cracovie. La béatification fut un grand signe (éloquent) de la part du Saint Père pour montrer que dans ce simple religieux se cache des perles précieuses qu'il nous faut découvrir. Quelques années plus tard, ce même Pape le canonisa au cours d'une messe à la Basilique de Saint Pierre de Rome en l'an 1991 et confirma l'importance et l'actualité du message de saint Raphaël.
Quelles sont donc ces perles évangéliques que saint Raphaël porte en lui? Qu'enseigne-t-il aux générations actuelles de polonais qui vivent dans une Europe unifiée et qui rencontrent à la fois autant une grande richesse de culture nationale et des nombreuses tensions et conflits sociaux? Que peut-il apporter à ceux dont la foi faiblit?
Esprit de réconciliation. En invitant à Rome les présidents de Lituanie et de Pologne pour la canonisation du Père Raphaël, Jean Paul II a souhaité faire comprendre que l'une des premières perles du message du nouveau saint est l'esprit de réconciliation. En effet, à cette époque les relations entre la Pologne et la Lituanie étaient marquées par des préjugés et des tensions. Le Saint Père a donc montré à travers saint Raphaël le chemin de la réconciliation. Celle-ci commence dans le cœur de l'homme qui en premier lieu doit se réconcilier avec Dieu. Sans cette réconciliation, il n'est pas possible en effet de pardonner à l'homme, particulièrement quand les relations réciproques ont été blessées (mauvaises, difficiles...). Saint Raphaël a fait un long chemin intérieur avant de pouvoir tout à fait librement pardonner à ceux qui l'ont emprisonné et forcé à des travaux avilissants, à ceux qui ont piétiné sa dignité. Nos efforts ne sont pas suivis d'effets tant qu'on ne comprend pas que la réconciliation a besoin de temps et commence toujours par un examen de sa propre conscience. Ce n'est qu'à la lumière du pardon reçu de Dieu que l'on peut aller de l'avant pour aller à la rencontre de l'autre et pardonner.
Le cœur fidèle et ouvert aux évènements actuels. Saint Raphaël a traversé durant sa vie de grandes étendues géographiques et rencontré des gens de différents milieux, de différentes cultures et systèmes politiques. La Pologne, la Russie et la France ont été les plus importantes étapes de son itinéraire. Dans ces divers lieux, il vivait sans complexe. Selon ses possibilités, il aidait les personnes qu'il côtoyait. Tout ceci mettait en évidence son ouverture pleine de générosité. Ce fut sa manière de dialoguer avec son époque. Il ne faisait pas de différence entre les gens d'après leur appartenance religieuse, leur langue, leurs traditions, leur appartenance sociale ou leur éducation. Il accueillait la vie comme elle lui était donnée. Cette ouverture lui acquit beaucoup de cœurs. Sans qu'il ne perde jamais sa personnalité. En vivant au milieu d'autres cultures, il a toujours gardé le patrimoine spirituel et intellectuel de sa nation. Il ne s'est pas compromis avec le monde bien que celui-ci lui ait présenté plusieurs fois des perspectives attrayantes.
L'attention aux jeunes. Rencontrant durant son séjour en Sibérie, la pauvreté matérielle, intellectuelle et spirituelle de ses compagnons de détention, Saint Raphaël a perçu l'humiliation de l'humanité. Ce fut une douloureuse leçon. A son retour, il fut persuadé de l'importance de l'effort durant le temps de la jeunesse parce que celui-ci est un temps de plus grande réceptivité, décisif pour l'avenir de la personnalité de l'individu. Aussitôt arrivé en France il mit en œuvre ses convictions lorsqu'il reçut la charge de précepteur du prince Auguste Czartoryski (béatifié il y a quelques années par Jean-Paul II). Dans cette œuvre d'éducation, Saint Raphaël a marqué l'importance de la formation intégrale de l'homme. Ses points d'attention portèrent aussi furent autant de le développement de l'âme que l'épanouissement de l'intelligence. Ce regard intégral sur la formation des jeunes est une autre perle précieuse de l'héritage de Saint Raphaël.
Courage devant les difficultés et les tribulations. Durant la période orageuse de la réforme du Carmel au 16ème siècle, alors que saint Jean de la croix fut emprisonné par ses propres frères, sainte Thérèse de Jésus écrivit ceci dans une lettre datée de 1578: ŤDieu traite terriblement ses amis; à la vérité, il ne leur fait pas injure, puisque c'est ainsi qu'il a agi envers son Filsť (Lettres de Thérèse d'Avila - Lettre 219). En tout point ceci fait référence à la vie de saint Raphaël. Dieu semble l'avoir traité durement. La vie est sans nulle doute un merveilleux don, même si elle est aussi jalonnée de difficultés. Ce qui en l'homme est le plus précieux se développe en lui dans des situations difficiles et mystérieuses. Saint Raphaël nous enseigne à rester courageux dans la foi et la confiance dans des circonstances similaires.
Ces quelques caractéristiques fondamentales de la spiritualité de saint Raphaël que nous venons d'énumérer n'épuisent pas la richesse de son âme. L'homme qui vit pleinement l'Evangile est tout entier évangélique. Il devient profond parce que la profondeur de la Sagesse divine est infinie et insondable. C'est pourquoi les prisonniers des goulags, les éducateurs, les cheminots, les ingénieurs et les jeunes trouvent en leur patron saint Raphaël leur point de référence. Celui qui désire le rencontrer trouvera une grande richesse qui ne sera jamais épuisée.
4. Le programme de l'année saint Raphaël, préparée par les conseils des deux provinces de Pologne, a pour but de répandre, auprès de tous, son grand message. Les évènements solennels du centenaire seront ponctués par des célébrations liturgiques, des colloques et des programmes culturels. Pour appuyer ces initiatives et pour participer à ces évènements, les autorités civiles et religieuses ont été invitées. Nous adressons également un appel à toutes les personnes, à tous les groupes et les amis du Carmel afin que, selon leurs moyens, ils puissent se joindre et participer à ce programme anniversaire à travers des publications, des rencontres et toute autre initiative permettant la transmission du message et du caractère de saint Raphaël Kalinowski.
Nous vous adressons à tous nos meilleurs voeux afin que cette année 2007, année de saint Raphaël, soit pour vous l'occasion de nombreuses rencontres en sa compagnie et vous permette d'entrer plus profondément dans les mystères de sa vie, là où Dieu habite. C'est en effet précisément le propre de la mission des saints: celui de nous conduire à Dieu!
Nous fêtons cette année le centième anniversaire de la mort de Raphaël de Saint Joseph (Josef Kalinowski) et vous célébrez cet événement par diverses initiatives culturelles et spirituelles. Je tiens à m’unir à vos célébrations par cette lettre dont le message sera porté à la connaissance de l’Ordre tout entier.
Le carme de cœur et d’esprit que fut saint Raphaël Kalinowski est né à Vilna le 1er septembre 1835 et retourna chez le Dieu de la Vie le 15 novembre 1907 à Wadowice. Il fut inscrit sur la liste des saints par le Pape Jean-Paul II le 17 novembre 1991, au cours de l’Eucharistie célébrée dans la basilique Saint-Pierre, à Rome. Sa sainteté confirmée par l’Église nous assure qu’il a découvert et réalisé pleinement la mission qui lui a été confiée par la Providence divine. Et pour nous, ceci veut dire que nous pouvons et devons avoir confiance, car tout en tenant compte des obstacles et des erreurs toujours possibles, nous pouvons, atteindre les objectifs que le Seigneur a prévus pour nous dans sa bonté, et qu’il nous précise constamment.
Les saints nous sont accessibles à tout moment, sans aucune limite de lieu ni de temps. Cependant les célébrations d’anniversaires constituent des occasions uniques lorsque la communauté fixant son regard sur un saint, se laisse inspirer et interpeller par celui-ci et est disposée à réentendre les appels qui touchent à sa propre identité et à sa propre mission.
Le témoignage et l’enseignement de Jésus-Christ sur la dignité de la personne humaine et sa vocation éternelle à la vie de communion avec la Sainte Trinité assurent à l’Église, et donc à chacun de nous, une référence certaine et permanente au milieu des évènements toujours changeants de l’histoire de l’humanité. Notre vie se réalise à travers notre mission de transformer et d’améliorer le monde, physiquement et spirituellement, afin que celui-ci devienne la demeure accueillante où l’humanité entière pourra grandir dans la communion.
« Nous ne devons pas en douter: dans sa miséricorde, Dieu a prévu pour chacun un devoir à remplir en ce monde. Si donc tu veux devenir un saint, si tu veux devenir parfait, sois toujours fidèle dans l’accomplissement de tes devoirs » (saint Raphaël Kalinowski).
Durant sa vie mouvementée, il ne put disposer de réponses toutes faites aux interrogations qui l’assaillaient sur la valeur de la souffrance causée par la déportation en Sibérie ou par l’éloignement de ses êtres chers, sur la profonde crise de foi qui le tint étranger à la vie de l’Église durant un certain temps, sur les épreuves humaines déchirantes qu’il dut affronter en exil et partout, sur l’avenir souvent incertain de sa propre nation. Loin de sombrer cependant dans la passivité, il chercha toujours la lumière, aussi bien au plus intime de lui-même que dans les évènements, afin d’y discerner les signes et les appels.
Ce comportement humble et attentif lui donna de percevoir les défis qui surgissaient dans sa propre vie et à travers lesquels il expérimentait graduellement l’aide de Dieu comme lumière et force pour accomplir le bien : une forte impulsion intérieure à faire du bien à tous, à secourir ceux qui étaient désemparés, à encourager ceux qui désespéraient, à redonner dignité humaine par l’éducation, à partager les quelques biens dont il disposait.
Saint Raphaël Kalinowski fut un éducateur né. Il le fut par instinct dans ses milieux de travail et de déportation, puis comme précepteur privé, et encore au Petit Séminaire de Wadowice, dont il fut le fondateur. Ce charisme et le don naturel de bien accueillir les personnes et de les accompagner avec empathie dans leur croissance humaine et spirituelle, sont particulièrement mis en œuvre dans son ministère de confesseur et de direction spirituelle. Ministre averti de la miséricorde divine, il recevait ses pénitents avec affection, douceur et zèle.
A travers les évènements de sa vie mouvementée, il eut à expérimenter de diverses façons la division des chrétiens, le triste sort de ceux qui sont discriminés et persécutés, à tel point qu’il y voyait “le plus grand ennemi de notre société”. Il entra au Carmel pour servir le Christ et travailler à l’unité de l’Église, intention qui devait l’accompagner jusqu’en ses dernières années.
« [Le bon Dieu] …dans sa grâce, me permettra, au Carmel de Notre-Dame, de travailler encore pour l’unité de l’Église ». « L’unité sacrée ! L’union sainte ! Ces simples paroles remplissent le cœur de douleur, mais elles allument en même temps la flamme de l’espérance ».
Je désire souligner comment il prit à coeur la restauration de la Province polonaise de l’Ordre, si florissante aux temps passés, et qui avait donné naissance à la Province de Lituanie. Il fallait alors promouvoir de nouvelles fondations; mais pour lui, une restauration authentique et profonde n’exigeait pas moins qu’une récupération de la mémoire du passé. Aussi s’ingénia-t-il à retrouver et sauver les documents, ainsi qu’à publier les chroniques de certains monastères et couvents. De la même manière, afin d’enraciner le Carmel et sa spiritualité, afin surtout de répondre aux besoins spirituels du peuple, il voyait le besoin de faire connaître l’histoire et les figures les plus marquantes du Carmel polonais. Bien que modestement, il est un représentant de la tradition de l’édition dans notre Ordre. De plus, entre autres initiatives, il organisa pour les laïcs le Carmel Séculier et les Confraternités.
Chacun sait comment, jeune homme mûr, il fut un vrai patriote pour sa patrie alors rayée de la carte des nations. Opposé au versement du sang, parce que convaincu que sa patrie « avait bien plus besoin de la sueur que la perte de sang qu’on n’avait que trop versé », il voulut collaborer activement à l’insurrection dans l’intention de sauver des vies humaines. C’est pourquoi il fut arrêté, puis condamné à la peine capitale, commuée ensuite en une peine de dix ans de travaux forcés en Sibérie. Je rappelle ces faits bien connus afin de souligner encore son comportement humain et évangélique, et de montrer qu’il ne renonça jamais à ses convictions pour tout ce qui touchait à la justice en matière de droits des peuples, convictions qu’il intégrait à son désir pour l’union entre les peuples, et plus encore à son désir de communion avec Dieu dans la prière et dans l’éternité.
Sa vie a été dramatique, et par les événements extérieurs auxquels elle s’est trouvée mêlée, et pas moins par le cheminement intérieur parcouru par notre saint. Son activité diversifiée et intense, son dévouement pour les autres, constant et attentif, jusqu’au bout, trouvaient leur source et leur unité mystérieuse dans l’Eucharistie et le sacrement de la réconciliation, dans une dévotion filiale à Marie, et dans la prière silencieuse continuelle.
Pour mener à bien la mission qui nous est confiée durant notre vie, il faut être attentif aux appels qui jaillissent de la conscience chrétienne qui prend en compte les situations sociales, culturelles et religieuses de notre histoire concrète. Il est certain aussi que la mission confiée ne peut être exempte de souffrance et exige un sacrifice spirituel. Cette capacité indique précisément l’authenticité de nos sentiments et de nos intentions. Il s‘agira alors d’une souffrance assumée et pacifiée dans la prière.
Je crois que, dans notre monde de changements rapides et profonds, de dissensions et de drames, la connaissance et la méditation orante du message de saint Raphaël Kalinowski sont pour nous un stimulant pour saisir et reconsidérer dans la vérité et la joie notre appel à vivre dans la tradition du Carmel. Son courage dans sa quête, sa persévérance, son attitude de compréhension et de compassion, son regard attentif aux nécessités proches, l’unité vécue comme naturellement entre contemplation et action, voilà quelques traits particuliers de l’héritage qu’il nous laisse.
Rome, 20 juillet 2007.
P. Luis Aróstegui, O.C.D.
Préposé Général
P. Luis Aróstegui, O.C.D.
Préposé Général
Lettre des Pères provinciaux des Provinces polonaises
du Carmel Thérésien à l'occasion du centenaire de la mort
de Saint Raphaël Kalinowski (1907-2007)
1.Dieu, qui aime l'homme, ne l'abandonne pas sur les chemins de ce monde, mais l'accompagne et lui vient en aide. De manière particulière, il agit à travers ses saints qui ne sont pas seulement un don destiné au Peuple de Dieu. Il les envoie à l'humanité toute entière et leur assigne une mission au-delà du temps. Les saints ne passent pas; et leurs messages ne perdent jamais leur force. Ils sont toujours d'actualité, parce que leur contenu se fonde sur la foi, l'espérance et la charité. Avec ces valeurs universelles, les saints reçoivent une mission spécifique : celle d'unir leur existence aux évènements concrets de la vie.du Carmel Thérésien à l'occasion du centenaire de la mort
de Saint Raphaël Kalinowski (1907-2007)
2. En l'an 2007 sera célébrée, au Carmel de Pologne, une année dédiée à Saint Raphaël Kalinowski. Le 15 novembre 2007, nous fêterons le centième anniversaire de la mort de ce grand saint religieux, fils de la Pologne et du Carmel. Ce grand anniversaire nous invite à regarder de nouveau le témoignage de vie de ce saint carme, et surtout du message que Dieu envoie à l'humanité à travers sa personne.
Joseph Kalinowski naquit le 1er Septembre 1835 à Vilnius (Lituanie). Il reçut une éducation familiale et une formation intellectuelle sérieuse pour devenir ingénieur au sein de l'armée. Au commencement de l'Insurrection polonaise (Janvier 1863) contre la Russie, il rejoignit les insurgés pour devenir un de leurs chefs. Arrêté le 24 mars 1864 par le gouvernement russe, il fut condamné à mort. Mais sa peine fut commuée en dix ans de travaux forcés en Sibérie. A son retour d'exil, Joseph Kalinowski devint précepteur du jeune prince Auguste Czartoryski, futur bienheureux. En 1877, il entra au couvent des carmes déchaux et reçut le nom de Raphaël de Saint Joseph. Il fut ordonné en 1882 à Czerna (lire tcherna) près de Cracovie. Se dépensant tout entiers au cours sa vie de prêtre et de religieux, il confessa et accompagna spirituellement sans compter. C'est ainsi qu'il rétablit le Carmel déchaussé en Pologne et mourut à Wadowice (lire Vadovitsè).
3. Dieu donne des saints et le devoir de l'Eglise est de reconnaître leur perpétuelle grandeur et mission. En 1983, le Saint Père Jean Paul II, au cours de son deuxième pèlerinage en Pologne, a présenté le Père Raphaël au peuple de Dieu et au monde entier en l'élevant parmi les bienheureux au cours d'une messe à Cracovie. La béatification fut un grand signe (éloquent) de la part du Saint Père pour montrer que dans ce simple religieux se cache des perles précieuses qu'il nous faut découvrir. Quelques années plus tard, ce même Pape le canonisa au cours d'une messe à la Basilique de Saint Pierre de Rome en l'an 1991 et confirma l'importance et l'actualité du message de saint Raphaël.
Quelles sont donc ces perles évangéliques que saint Raphaël porte en lui? Qu'enseigne-t-il aux générations actuelles de polonais qui vivent dans une Europe unifiée et qui rencontrent à la fois autant une grande richesse de culture nationale et des nombreuses tensions et conflits sociaux? Que peut-il apporter à ceux dont la foi faiblit?
Esprit de réconciliation. En invitant à Rome les présidents de Lituanie et de Pologne pour la canonisation du Père Raphaël, Jean Paul II a souhaité faire comprendre que l'une des premières perles du message du nouveau saint est l'esprit de réconciliation. En effet, à cette époque les relations entre la Pologne et la Lituanie étaient marquées par des préjugés et des tensions. Le Saint Père a donc montré à travers saint Raphaël le chemin de la réconciliation. Celle-ci commence dans le cœur de l'homme qui en premier lieu doit se réconcilier avec Dieu. Sans cette réconciliation, il n'est pas possible en effet de pardonner à l'homme, particulièrement quand les relations réciproques ont été blessées (mauvaises, difficiles...). Saint Raphaël a fait un long chemin intérieur avant de pouvoir tout à fait librement pardonner à ceux qui l'ont emprisonné et forcé à des travaux avilissants, à ceux qui ont piétiné sa dignité. Nos efforts ne sont pas suivis d'effets tant qu'on ne comprend pas que la réconciliation a besoin de temps et commence toujours par un examen de sa propre conscience. Ce n'est qu'à la lumière du pardon reçu de Dieu que l'on peut aller de l'avant pour aller à la rencontre de l'autre et pardonner.
Le cœur fidèle et ouvert aux évènements actuels. Saint Raphaël a traversé durant sa vie de grandes étendues géographiques et rencontré des gens de différents milieux, de différentes cultures et systèmes politiques. La Pologne, la Russie et la France ont été les plus importantes étapes de son itinéraire. Dans ces divers lieux, il vivait sans complexe. Selon ses possibilités, il aidait les personnes qu'il côtoyait. Tout ceci mettait en évidence son ouverture pleine de générosité. Ce fut sa manière de dialoguer avec son époque. Il ne faisait pas de différence entre les gens d'après leur appartenance religieuse, leur langue, leurs traditions, leur appartenance sociale ou leur éducation. Il accueillait la vie comme elle lui était donnée. Cette ouverture lui acquit beaucoup de cœurs. Sans qu'il ne perde jamais sa personnalité. En vivant au milieu d'autres cultures, il a toujours gardé le patrimoine spirituel et intellectuel de sa nation. Il ne s'est pas compromis avec le monde bien que celui-ci lui ait présenté plusieurs fois des perspectives attrayantes.
L'attention aux jeunes. Rencontrant durant son séjour en Sibérie, la pauvreté matérielle, intellectuelle et spirituelle de ses compagnons de détention, Saint Raphaël a perçu l'humiliation de l'humanité. Ce fut une douloureuse leçon. A son retour, il fut persuadé de l'importance de l'effort durant le temps de la jeunesse parce que celui-ci est un temps de plus grande réceptivité, décisif pour l'avenir de la personnalité de l'individu. Aussitôt arrivé en France il mit en œuvre ses convictions lorsqu'il reçut la charge de précepteur du prince Auguste Czartoryski (béatifié il y a quelques années par Jean-Paul II). Dans cette œuvre d'éducation, Saint Raphaël a marqué l'importance de la formation intégrale de l'homme. Ses points d'attention portèrent aussi furent autant de le développement de l'âme que l'épanouissement de l'intelligence. Ce regard intégral sur la formation des jeunes est une autre perle précieuse de l'héritage de Saint Raphaël.
Courage devant les difficultés et les tribulations. Durant la période orageuse de la réforme du Carmel au 16ème siècle, alors que saint Jean de la croix fut emprisonné par ses propres frères, sainte Thérèse de Jésus écrivit ceci dans une lettre datée de 1578: ŤDieu traite terriblement ses amis; à la vérité, il ne leur fait pas injure, puisque c'est ainsi qu'il a agi envers son Filsť (Lettres de Thérèse d'Avila - Lettre 219). En tout point ceci fait référence à la vie de saint Raphaël. Dieu semble l'avoir traité durement. La vie est sans nulle doute un merveilleux don, même si elle est aussi jalonnée de difficultés. Ce qui en l'homme est le plus précieux se développe en lui dans des situations difficiles et mystérieuses. Saint Raphaël nous enseigne à rester courageux dans la foi et la confiance dans des circonstances similaires.
Ces quelques caractéristiques fondamentales de la spiritualité de saint Raphaël que nous venons d'énumérer n'épuisent pas la richesse de son âme. L'homme qui vit pleinement l'Evangile est tout entier évangélique. Il devient profond parce que la profondeur de la Sagesse divine est infinie et insondable. C'est pourquoi les prisonniers des goulags, les éducateurs, les cheminots, les ingénieurs et les jeunes trouvent en leur patron saint Raphaël leur point de référence. Celui qui désire le rencontrer trouvera une grande richesse qui ne sera jamais épuisée.
4. Le programme de l'année saint Raphaël, préparée par les conseils des deux provinces de Pologne, a pour but de répandre, auprès de tous, son grand message. Les évènements solennels du centenaire seront ponctués par des célébrations liturgiques, des colloques et des programmes culturels. Pour appuyer ces initiatives et pour participer à ces évènements, les autorités civiles et religieuses ont été invitées. Nous adressons également un appel à toutes les personnes, à tous les groupes et les amis du Carmel afin que, selon leurs moyens, ils puissent se joindre et participer à ce programme anniversaire à travers des publications, des rencontres et toute autre initiative permettant la transmission du message et du caractère de saint Raphaël Kalinowski.
Nous vous adressons à tous nos meilleurs voeux afin que cette année 2007, année de saint Raphaël, soit pour vous l'occasion de nombreuses rencontres en sa compagnie et vous permette d'entrer plus profondément dans les mystères de sa vie, là où Dieu habite. C'est en effet précisément le propre de la mission des saints: celui de nous conduire à Dieu!
Cracovie - Varsovie, le 16 juillet 2006.
Père Albert-Stanisław Wach, OCD
Provincial Province des Carmes Déchaux de Cracovie
Père Marian Stankiewicz, OCD
Provincial Province des Carmes Déchaux de Varsovie
Père Albert-Stanisław Wach, OCD
Provincial Province des Carmes Déchaux de Cracovie
Père Marian Stankiewicz, OCD
Provincial Province des Carmes Déchaux de Varsovie
2 komentarze:
Olá, goût très du Blogue.
Excuse ne pas écrire plus, mais mon français n'est pas bon.
Une accolade depuis le Portugal
I'm 15 years old. I was born with HIV my mother passed away because of the HIV infection And I regret why i never met Dr Itua he could have cured my mum for me because as a single mother it was very hard for my mother I came across Dr itua healing words online about how he cure different disease in different races diseases like HIV/Aids Herpes,Parkison,Asthma,Autism,Copd,Epilepsy,Shingles,Cold Sore,Infertility, Chronic Fatigues Syndrome,Fibromyalgia,Love Spell,Prostate Cancer,Lung Cancer,Glaucoma.,psoriasis,Cirrhosis of Liver, Cataracts,Macular degeneration, Chrons disease,Infectious mononucleosis.,Cardiovascular disease,Lung disease.Enlarged prostate,Osteoporosis.Alzheimer's disease,psoriasis,Bipolar Disorder,Dementia.,Tach Disease,Breast Cancer,Blood Cancer,Colo-Rectal Cancer,Love Spell,Chronic Diarrhea,Ataxia,Arthritis,Amyotrophic Lateral Scoliosis,Stroke,Fibromyalgia,Fluoroquinolone ToxicitySyndrome Fibrodysplasia Ossificans ProgresSclerosis,OCD,Weak Erection,Breast Enlargment,Penis Enlargment,Hpv,measles, tetanus, whooping cough, tuberculosis, polio and diphtheria)Diabetes Hepatitis even Cancer I was so excited but frighten at same time because I haven't come across such thing article online then I contacted Dr Itua on Mail drituaherbalcenter@gmail.com/ . I also chat with him on what's app +2348149277967 he tells me how it works then I tell him I want to proceed I paid him so swiftly Colorado post office I receive my herbal medicine within 4/5 working days he gave me guild lines to follow and here am I living healthy again can imagine how god use men to manifest his works am I writing in all articles online to spread the god work of Dr Itua Herbal Medicine,He's a Great Man.
Prześlij komentarz